**Avec une réserve de voix théoriquement importante pour dimanche, chaque signe, chaque message envoyé aux électeurs compte. La séquence d’hier a plutôt été favorable à la gauche. Pour s’en convaincre il fallait regarder les deux journaux de vingt heures de TF1 et France 2 hier soir donc. Je l’ai fait zapette en main et, en gros ça a donné ceci. La gauche a réussi à s’unir. Le ciel se dégage, à l’image du printemps qui arrive. A trois exceptions prés, sans conséquences pour les chances de victoire. De l’autre coté, c’est déjà la foire d’empoigne. Le président, qui ne fait pas campagne, amène quand même avec lui 4 ministres candidats dans une visite aux sinistrés de la tempête et le premier ministre est obligé de sermonner les députés UMP qui ont critiqué la façon dont a été menée cette campagne ! Le contraste UMP looser/ PS grand seigneur était dévastateur, on l’imagine, pour une éventuelle mobilisation de la droite. La volatilité de l’électorat étant ce qu’elle est, ces détails ont une importance. Une importance (qu’entre nous) personne ne peut mesurer mais… en tout cas, à laquelle les états majors prêtent beaucoup d’attention …donc nous aussi. On parle souvent de cette fameuse « volatilité » de l’électorat mais on devrait aussi souligner la « volatilité » du commentaire dominant. Il y a un enjeu très important qui se joue, quasi quotidiennement pour contrôler, ou du moins réussir à enclencher la petite musique qui se généralisera dans le commentaire et dans les médias. Une petite musique plus ou moins favorable à un camp ou à un autre. Celle d’hier et de ce matin, l’est pour la gauche… C’est normal, ils gagnent !C’est vrai en parti, le commentaire dominant est plus enclin à amplifier le cercle vertueux…mais avec exactement les mêmes faits, le commentaire dominant aurait pu aussi être celui là : pas d’accord général à gauche contrairement à ce qu’avait promis Martine Aubry. En Bretagne le président sortant refuse la loi de l’arithmétique fixée avant le vote. Dans le Limousin et en Picardie le Front de Gauche fait déjà de la surenchère et entachent l’entente qui devait être nationale. A droite pendant ce temps là, on encaisse le coup et on est déjà sur le terrain. Les quelques députés qui râlent sont tout de suite remis à leur place par un premier ministre qui a enfin l’air de diriger la campagne. Le président, lui a enfin compris que sa place n’était pas au prés des candidats mais aux coté des français qui souffrent. Son voyage en Charente Maritime, sur les lieus de la tempête rectifie l’image désastreuse d’un président en campagne. Pourquoi c’est le premier commentaire qui a prévalu ? Pourquoi ce n’est pas celui là qui –au fond n’est pas faux non plus ? C’est le mystère de la communication politique. Mais la faute de communication majeure commise par l’UMP dimanche soir, c’est de n’avoir pas accepté de reconnaître la défaite du premier tour, d’avoir voulu minimiser et de l’avoir fait avec un discours préfabriqué, uniforme avec ces fameux « éléments de langages » trop voyant. Le coté caporalisation et déni de réalité à pris le dessus. C’est l’image flagrante qui s’est imposée pour caractériser la réaction des responsables de la majorité. La plupart d’entre eux s’en rendaient d’ailleurs compte et le disaient (off, bien sur) aux journalistes qu’ils croisaient. Du coup, par contraste, les accords à Gauche sont apparus sous leur jour le plus favorable. Pourtant dimanche soir la majorité avait réussi à imposer une vérité qui en valait bien une autre : celle qui a fait répéter à tout le monde et en boucle (ouvrez les guillemets) : « l’information la plus importante c’est l’abstention ». En juin dernier, avec une abstention plus forte ce n’était pourtant pas « l’information la plus importante ». Petite réussite de com’ éphémère et qui ne pèsera pas grand-chose face au gros, gros ratage qui a consisté à nier de façon uniforme et au garde à vous, une évidence, le principal message envoyé par les électeurs.**

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