Qui arrive bien tard. Pourtant… les possibilités d’agir existent…et depuis longtemps. En 1996, la loi Lepage (loi sur l’air) prévoyait déjà la circulation alternée et la gratuité des transports en commun, non pas seulement quand la situation devenait irrespirable mais quand le risque de pollution aux particules fines était détecté. Cette mesure aurait donc dû s’appliquer en milieu de semaine dernière. La Loi de 1996 prévoyait déjà d’aller vers un rattrapage fiscal entre le diesel et l’essence. Il n’en a rien été, ni pendant le premier mandat de Jacques Chirac, ni pendant les années Jospin (97/2002)…Pourtant pendant les années Jospin une loi Voynet, prévoyait à peu prés la même chose. Il ne s’est rien passé, aucun rattrapage fiscal entre le diesel et l’essence. Pendant le second mandat de Jacques Chirac, (devenu, pourtant le grand ami de Nicolas Hulot) pas mieux ! Les années Sarkozy n’ont pas été non plus propices à cette lutte contre les particules fines. A l’issu du Grenelle de l’environnement un plan particule a été lancé, avec des zones d’action prioritaires… abandonnées quelques mois plus tard…. Il y avait aussi une idée géniale : devinez ! Un rattrapage fiscal progressif entre le diesel et l’essence ! Oui, exactement la même idée qu’en 1996… 12 ans avant. Cette bonne idée, tout le monde l’a eu à son tour… et puis… rien. Les bonus/malus mis en places l’ont été sur des critères de C02, pas d’émission de particules fines. Pendant ce temps là Tokyo interdisait le diesel en ville et les constructeurs automobiles japonais développaient le moteur Hybride vendu maintenant partout dans le monde. François Hollande, pas plus que les autres n’agit contre le diesel. L’écotaxe est abandonnée… et notre industrie automobile est la championne du diesel que le monde rejette progressivement! Nous, nous continuons à le subventionner via une sous taxation qui coute entre 7 et 8 milliards d’euros par ans à l’Etat! Pourquoi le diesel est devenu une spécialité Française ? Parce qu’au moment ou l’on a choisi de favoriser le nucléaire et de faire du tout électrique, notamment dans le chauffage, il a été décidé, en contrepartie, de soutenir la filière du fuel… c'est-à-dire la famille du diesel afin de ne pas pénaliser les grandes compagnies pétrolières françaises. Mais cette subvention est finalement un triple échec : pour les finances publiques, pour l’industrie pétrolière française qui, aujourd’hui ne raffine même plus de diesel ! Tout est importé ! Et, surtout pour la santé. L’industrie automobile française s’est diésélisée comme aucune autre, en raison de cette subvention. Aujourd’hui elle exerce une pression incroyable pour que rien ne change. Pourtant on ne peut pas dire que le diesel lui soit profitable si l’on en juge par les performances déclinantes de PSA et Renault. A droite comme à gauche tout le monde en convient. Il faut réduire la part du diesel dans le parc automobile français. Et il faut réduire, de façon drastique la place de la voiture, au moins en ville ! Il ne manque plus que le courage politique pour hâter cette transformation. Le courage politique… c’est assez concret : annoncer enfin un rattrapage fiscal entre l’essence et le diesel… bon, peut être pas cette semaine, à 8 jours des élections… mais en avril ! Pierre Moscovici, ministre de l’économie et des finances, élu à Sochaux, ville Peugeot peut-il être le ministre du rattrapage fiscal entre le diesel et l’essence ? Ça dépend, encore une fois de l’autorité d’un homme : François Hollande.

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