Retour sur l’allocution présidentielle, une allocution guerrière et grave, destinée à faire bien prendre conscience aux français (beaucoup semblent encore un peu insouciants) de l’état d’urgence sanitaire et de la discipline nécessaire pour passer cette épreuve.

Nous sommes en guerre

.... A répété Emmanuel Macron. C’était un discours fort mais un discours, semblet-il, décalé, prononcé au mauvais moment puisqu’à l’issue du propos, on ne comprenait toujours pas ce qui était interdit ou pas. 

Hier, après quelques jours de confinement sans contrainte, quelques jours au cours desquels beaucoup de Français faisaient leur courses sans respecter les distances dans les files d’attentes, et se réunissaient, en famille ou entre amis dans les parcs, sans précautions particulières, il aurait fallu, non pas d’abord un discours solennelle de guerre, mais bien un discours précis, clair, d’autorité sur les modalités de ce que l’on peut faire et de ce que l’on ne peut pas faire. 

L’autorité, et même l’adhésion vont, dans ce genre de situation, plus avec la clarté qu’avec la grandiloquence... 

C’est une question d’ordre de passage et d’efficacité du message mais le discours circonstancié, celui-là, de Christophe Castaner ministre de l’Intérieur à 22 heures (c’est à dire devant pas grand monde), aurait du être prononcé dans l’après midi... pour couper cours à toutes les rumeurs, mais surtout pour que la presse ait le temps de reprendre et d’expliquer les règles strictes énoncées. 

Il n’est pas dans le rôle du président d’aller dans le détail des annonces... mais plutôt de donner les grands axes, la philosophie de l’action, de mobiliser, responsabilisé et rassurer les français. C’est bien ce qu’a fait Emmanuel Macron... Mais ce discours aurait été aurait été plus efficace si toutes les règles à appliquer à partir d’aujourd’hui avait été connues plus tôt dans la journée...

Une erreur de communication, mais maintenait les règles sont quand même claires et strictes

Oui... Il était temps ! Et il va nous falloir les respecter. Notre société, notre génération, n’a pas vraiment connu ce que l’on appelle "le tragique de l’histoire..." pour elle-même. La dernière guerre (l’Algérie) qui a impliqué directement les français, date de prés de 60 ans... 

Les attentats de 2015 avaient réintroduit "le tragique de l’histoire" dans notre époque. Mais le Coronavirus nous l’installe dans notre vie quotidienne et intime... Nous sommes tous impliqués. 

Chacun d’entre nous, par son comportement ses choix peut agir sur l’ampleur et l’issue de cette catastrophe sanitaire. C’est aussi, (comme une guerre) une épreuve qui nous interroge sur notre organisation collective. 

Mais la grande différence avec une guerre (puisque c’est donc le terme dramatisant qu’a choisi le président) c’est que notre action, notre choix n’est pas le courage au combat, n’est pas le choix entre la résistance la collaboration, la passivité... Mais simplement le choix entre l’égoïsme, l’inconscience de ne pas changer ses habitudes, ou le simple fait, contraignant, parfois économiquement problématique... Mais le simple fait de rester chez soi, l’héroïsme cette fois ci n’est pas compliqué, nous devrions y arriver. Encore fallait-il des règles claires. C’est enfin le cas. 

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