Faible journée de mobilisation, hier, contre les ordonnances…

Il se confirme que la loi travail, son contenu, mais aussi les ordonnances, la méthode par laquelle elle est adoptée, à défaut d’être acceptée par la population, n’est pas contestée. Il en va de la loi travail comme de l’élection du président. Tout se passe comme s’il avait été élu et comme si la loi était adoptée, par défaut. Les électeurs, l’opinion sont passés (avec la crise de la représentation et des grands schémas idéologiques) d’un vote d’adhésion à une forme de pari raisonné. L’opinion semble dire : « soyons cohérents, nous avons confié les clés du pouvoir à Emmanuel Macron, laissons-le s’en servir » …  « Pour voir » comme on dit au Poker. D’autant que –pour une fois- tout ce qui est fait avait été annoncé avant l’élection. L’échec du mouvement d’opposition aux ordonnances était donc inscrit dans la présidentielle elle-même. Mais attention cet échec ne vaut pas approbation des mesures. Il faudra maintenant qu’elles prouvent, ces mesures, leur effet sur le dynamisme de l’économie et l’emploi, sans quoi la défiance, la colère finiront par se manifester à n’importe quelle occasion, même sur un projet potentiellement pas porteur de discorde. 

S’agissant de la mobilisation, la presse sera bientôt en mesure de donner son propre chiffre de manifestants…

Oui, ça progresse enfin. Jusqu’ici, jamais la presse n’avait réussi à établir un comptage fiable et crédible. Seule la profession des ornithologues avait développé, pour évaluer l’affluence d’oiseaux migrateurs pendant leurs escales, un système d’évaluation du nombre d’individus dans une foule. Mais il n’existe pas de syndicats d’oies sauvages ou de flamands roses pour dire « c’est faux nous étions 2 fois plus cette année en Baie de Somme ». Alors depuis le début du mouvement, la presse, c’est-à-dire toutes les radios et télés généralistes ou tout-info, les grands titres de la presse écrite, Libération, le Monde, le Figaro, les Echos mais aussi Médiapart et bien sur l’AFP élaborent avec une startup, Occurrence, (spécialisée dans le comptage du public, notamment pour des grands salons professionnels, et dans la data-déontologie) élaborent une méthode de comptage des manifestants. Méthode éprouvée pendant plusieurs manifestations, renforcée, améliorée, à chacune d’entre elle. Nous n’avions pas communiqué de chiffres avant d’être sûrs de la validité de la méthode. On y arrive. Hier, Occurrence a compté 8250 manifestants à Paris, soit 2000 de plus que ce qu’elle avait dénombré lors de la dernière manifestation. C’est un chiffre proche de celui de la préfecture et très éloigné de celui des organisateurs. L’habitude prise par la presse de donner 2 chiffres invérifiables, celui de la police et celui des syndicats, avec des écarts aberrants, comme si l’on pouvait donner 2 vérités alternatives, était une hérésie journalistique. Bientôt donc, la presse pourra donner collectivement, non pas un 3ème chiffre mais le chiffre le plus crédible, parce qu’issu d’une méthode transparente, établi avec une entreprise qui n’a aucun intérêt à ce que ce chiffre soit élevé ou bas et surtout garanti par la diversité des commanditaires et diffuseurs. Ce sera un gros progrès journalistique, donc –c’est déjà ça- un petit progrès démocratique…

    

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