On les a beaucoup vus ces dernières semaines. L'un d'entre eux fait même sa rentrée politique ce soir. Question essentielle : à quoi servent les anciens premiers ministres ? Question essentielle puisque la semaine dernière, nous en parlions ici, nous avons eu la preuve que ce qui fait office de numéro 2 aux Etats-Unis, l'équivalent de notre premier ministre, servait à quelque chose. Al Gore, ex vice président américain parcourt le monde avec son film pour alerter nos consciences des dangers qui menacent la planète. Noble cause et noble tâche. Mais chez nous, à quoi sert un ex? La question se pose d'autant plus qu'ils ont été très nombreux ces dernières semaines à se bousculer au portillon médiatique. Dans le désordre et sans exhaustivité: Lionel Jospin; le retiré du 21 avril a tenté de sortir de sa retraite surtout pour empêcher la candidature de Ségolène Royal, jugée futile et démagogique.Il n'a fait qu'un petit tour et est reparti, mais son ascendant est tel, que ces amis hier ont annoncé en bloc qu'ils ne choisiraient aucun candidat. L'ancien premier ministre aura donc servi à cela, geler les ambitions de ses amis, interdits de rallier la cause Royal. Alain Juppé, tout juste réélu maire de Bordeaux, avait besoin lui, de laver son honneur par le suffrage universel, d'effacer une petite phrase infâmante de son premier jugement dans l'affaire des emplois fictifs, qui l'accusait d'avoir trahi la confiance populaire dont il était pourtant dépositaire. Aujourd'hui, sarkozystes et chiraquiens l'appellent à être le pacificateur de leur haine; il se dit disponible, mais Alain Juppé revient surtout pour lui. Edith Cresson, et oui, même Edith Cresson est de retour. Pas sous les feux de la rampe, mais dans les coulisses de la campagne de Ségolène Royal, dans son conseil d'animation politique. Elle revient peut être pour vivre par procuration ce qu'on lui a refusé. Michel Rocard, 77 ans fait un éternel retour. Mais sa liberté par rapport au PS l'a conduit successivement depuis la rentrée, à l'université d'été de l'UDF, et à sortir ces jours ci un livre avec l'épouvantail des défenseurs de la constitution européenne, Fritz Bolkestein! Lui revient surtout pour prouver que sa boîte à idées personnelles est toujours aussi efficace! Jean-Pierre Raffarin enfin, qui réunit ce soir son club Dialogue et Initiative. Parti lessivé de Matignon, il revient après des mois de silence. Pour quoi faire? Et bien il se propose d'être le point d'équilibre entre chiraquiens et sarkozystes; mais il réclame aussi l'air de rien, la présidence de l'UMP, au cas où la place serait vacante! Liste non exhaustive... Mais quel est donc le point commun entre quasiment tous ces ex? Et bien la ferme volonté de faire mentir l'adage populaire, "on ne peut pas être et avoir été". En France, les acteurs principaux de la vie politique pensent qu'ils peuvent avoir été, qu'ils sont aujourd'hui, et qu'ils seront demain encore incontournables. C'est ce qu'on appelle le non renouvellement de la classe politique. Une exception culturelle française. Car vous avez des nouvelles vous de Margareth Thatcher???

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