Nous sommes à J-4 du premier tour de l’élection et les candidats tentent encore d'accoler sur leurs affiches, d'éminents soutiens. Valéry Giscard d'Estaing, par exemple, s'apprête à dévoiler sa préférence pour Nicolas Sarkozy. Information exclusive du "China Daily" pour l'instant. L'ex président de la république a en effet confié sa préférence aux Chinois lors d'un récent périple en Chine, mais l'info ne saurait tarder à être rendue publique en France, demain sans doute, via une tribune de presse. Oui, Valéry Giscard d'Estaing votera Nicolas Sarkozy et non François Bayrou, son successeur à la tête de la famille centriste. Alors, est-ce que ça déplace une voix ça ? Pas forcément, et pourtant les soutiens en disent long sur les candidats et il y a des staffs de campagne dans lesquels on a débouché le champagne pour une personnalité enfin ralliée. Mais il y a soutien et soutien, torchons et serviettes, politiques et show bizz, intellos et sportifs. Côté politique : avantage Sarkozy indéniablement. Un président en exercice, sa femme, tiens par leur fille, un ex, Valéry Giscard d'Estaing donc, l'ancien président du conseil consitutionnel Pierre Mazeaud, une ex membre du même conseil, centriste et autorité morale si l'en est, Simone Veil. Tout ce que la 5ème république compte d'anciens premiers ministres de droite, et même l'actuel. Bref, le candidat est labellisé "le plus rassembleur" de sa famille politique depuis Pompidou. Et pour son image d'ex traître à cette famille, c'était essentiel dans sa quête de l'Elysée. Plus important finalement que tous les Johnny, Doc gynéco et même, André Glucksman qui se sont ralliés à sa cause. Petite exception peut-être pour Georges Marc Benamou, ex mitterrandiste - ça s'appelle une prise de guerre, et ça plait dans tous les camps. Car l'intérêt du soutien, c'est évidemment sa valeur ajoutée. Ségolène Royal est certes ravie de pouvoir s'afficher avec Jeanne Moreau ou Cali, mais ce sont surtout les jeunes économistes, pour la plupart issus de la nouvelle Ecole d'économie de paris, Thomas Piketty, Philipe Askhenazy ou encore Philippe Aghion qui ont pris parti pour elle, qui évidemment la comblent, car ils comblent un déficit de crédibilité supposé de sa part sur les questions économiques et sociales. Les grandes figures du mitterrandisme, type Badinter, lui permettent également de se resituer avec quelque éclat dans une lignée historique de gauche. Enfin, le ralliement ostentatoire d'idole des jeunes comme Yannick Noah lui permet de cliver au maximum son projet et sa personnalité avec ceux de Nicolas Sarkozy. François Bayrou lui s'est gargarisé des soutiens semi-publics semi-confidentiels des gracques et autre spartacus, ces collectifs de hauts fonctionnaires ex collaborateurs des socialistes qui appellent à une alliance entre le PS et l'UDF. Ils devaient être le cheval de troie de la révolution centriste proposée par le candidat. L'ex patron Jean Peyrelevade, classé à gauche, participait du même lifting d'image. Un peu moins probant évidemment quand c'est Michel Camdessus, ex directeur général du FMI, plutôt libéral, qui annonce hier son ralliement. Car voilà, l'intérêt des soutiens, c'est de valider une personnalité et une démarche - pas forcément de brouiller les pistes. Du coup, certains soutiens sont décidément très encombrants, voire dangeureux. Parlez de Michel Rocard à Ségolène Royal par exemple - sûr qu'elle aurait pu se passer de son soutien et de ses conseils !

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