François Hollande (comme Nicolas Sarkozy) reviendra sans doute ici, à France Inter, une fois entre les deux tours. Et si l’on en croit les sondages, c’est donc l’une des toutes dernières fois que nous recevons un François Hollande « pas Président »… Il le sera si, comment dit-il ? « Si les Français lui en donnent mandat ». Et comme il est favori, toutes les corporations lui adressent leur cahier de doléances. Alors je vais en profiter pour faire de même pour notre profession de journaliste. Rassurez-vous, il ne s’agit pas de revendications catégorielles. Je ne vais pas faire la liste des courses, mais simplement évoquer sa future (éventuelle) communication de Président. Puisse-t-il faire en sorte de passer au XXIème siècle et de ne jamais se livrer à ses émissions en direct de l’Elysée dont le contenu et la forme sont « dealés » ou coproduites avec les chaînes concernées. Nous en avons assez, nous les journalistes français d’être la risée de nos confrères européens à chaque interview obséquieuse sous les dorures de l’Elysée. Ces interviews étant diffusées sur 2, 3… 9 chaînes, dans un cadre pompeux. Le président monarque répond exactement ce qu’il veut, olympien et distant, sans droit de suite pour les journalistes. C’est vrai, la logique serait que nous refusions, nous, de nous livrer à ces simulacres d’interviews à la sauce Michel Droit… Mais on n’y arrive pas, les patrons de chaînes de télé sont souvent, en la matière, plus conservateurs que les communicants de la présidence. Bref, il faut faire promettre au (peut-être) futur président de participer (sans en abuser non plus) aux émissions qui existent déjà, sur France Inter , France Info , sur RTL , sur Europe 1 , sur RMC , ou à la télévision, avec des journalistes, et parfois des auditeurs qui téléphonent… En fait, il s’agirait simplement de faire ce que font tous les dirigeants de toutes les autres démocraties.

Pourquoi faut-il souhaiter une normalisation de la communication du Président ?

Pour éviter ce que nous décrivions hier en évoquant la communication de Nicolas Sarkozy. Le Président français, est, du fait de la Constitution, protégé de tout débat. Sa parole peut ne jamais être contredite en face et en direct par d’autres responsables politiques. Il ne peut pas débattre au Parlement puisque sa légitimité est directement issue du peuple. Il dit ce qu’il veut, il assène. On a vu qu’avec Nicolas Sarkozy, le péremptoire éphémère dominait. Le risque avec François Hollande est autre. On sait son goût du consensus et du compromis. Ça peut produire un discours engourdissant. Un discours présidentiel de la sorte, jamais secoué par des contradicteurs peut cultiver l’ambigüité si bien décrite par le cardinal de Retz comme l’une des armes de l’abus de pouvoir. Si François Hollande gagne, les socialistes auront plus de pouvoir que jamais. L’exécutif, les deux assemblées, toutes les régions (moins une), la grande majorité des départements, quasiment toutes les grandes villes. Avec tant de pouvoirs, le nouveau Président serait encore plus dans une situation d’abus, de fait, si en plus il décidait de communiquer comme l’ont fait tous ses prédécesseurs.

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