Ce matin, le risque de la disparition de la gauche…

Oui, ce risque existe. Une disparition temporaire, bien sûr, le temps d’effectuer sa mutation… la gauche va bien devoir enfin inventer d’autres solutions pour affronter ce monde ouvert, l’uberisation de tout et l’évolution du climat. Pour renaitre, encore faut-il faire l’effort d’imaginer l’avenir. Ce que n'a pas fait la gauche pendant ses 10 ans d’opposition, entre 2002 et 2012. Nous en avons la preuve maintenant, en 2012 François Hollande était armé pour exercer le pouvoir mais pas pour transformer la société. Résultat, les héritiers de la gauche alternative, autour de JL Mélenchon, considèrent qu’ils n’ont plus rien à faire avec la social- démocratie. Social-démocratie qui – à l’épreuve du pouvoir- s’est muée, en sociale libéralisme sans prévenir ses électeurs et sans avoir théorisé cette transition, qui, du coup, paraît subie. Le Premier Ministre, chef de la majorité, comme le ministre de l’Economie, pensent aussi qu’ils ne font plus partie de la même famille avec la gauche de la gauche. En revanche, François Hollande, une partie du PS (qui d’ailleurs ne le soutient plus) autour des frondeurs, et le PC, estiment encore qu’il y a, quelque part, pour toute la gauche, un point d’équilibre, qu’il suffit de le géo-politico-localiser pour établir un nouveau programme (sinon commun, du moins compatible) à l’ensemble de la gauche pour 2017. Qui a raison ? JL Mélenchon et Manuel Valls qui actent le divorce ? Ou François Hollande, Pierre Laurent et les frondeurs, qui pensent encore que la gauche est un territoire d’un seul tenant ?

Et alors ? Selon vous, qui a raison ?

En l’état actuel de la gauche, ce sont plutôt Mélenchon, Macron et Valls: Ils ne sont pas réconciliables et rien ne serait pire que de faire semblant de l’être. Parce que si le point d’équilibre actuel de la gauche existait, il ne pourrait être qu’électoral, virtuel, hors sol. Il y a peut-être un discours de gauche possible pour gagner en 2017 (ou plutôt ne pas perdre à plat de couture) mais ce ne peut pas être, aujourd’hui, un discours pour exercer le pouvoir de façon cohérente après les élections. Comment expliquer que la gauche en soit là ? Elle en a pourtant vécu des sévères dérouillées ces dernières décennies. Quand elle est chassée du pouvoir, ce n’est jamais avec ménagement. Les électeurs de gauche, quand ils décident de bouder, n’ont pas les pudeurs légitimistes des électeurs de droite. Ils boudent vraiment : 1986, la gauche balayée : 36 députés FN ! 1993, la gauche pulvérisée; uniquement 57 députés socialistes sur 577 ! 2002, atomisée, elle est éliminée au 1er tour de la présidentielle. Balayée, pulvérisée, atomisée, mais aucune leçon tirée. Tout se passe comme si la gauche s’endormait dans le confort de l’opposition, d’abord KO, puis anesthésiée par les succès électoraux locaux qu’elle remporte, presque mécaniquement, quand elle n’est pas à l’Elysée ou à Matignon. Le plus probable c’est que le nouveau vrai langage commun de toute la gauche soit, un jour, l’écologie. Mais que la prise de conscience est lente ! En attendant, la gauche s’apprête donc à disparaître, nationalement, quelques temps. D’abord politiquement, ça, c’est fait. Puis institutionnellement, ça – à coup quasiment sûr- c’est pour 2017 !

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