Ce matin, le RIC.

Le référendum d’initiative citoyenne, ou le RIP …initiative populaire. Voilà la revendication phare en cette fin de mouvement des Gilets Jaunes. Mais le RIC, ou le RIP, pourrait résonner comme le ‘Rest In Peace’ de la politique... s’il était pratiqué à grande échelle. Si après une réforme en profondeur – très improbable - de l’article 11 de la constitution, le RIC devait être instauré avec, donc, possibilité de soumettre une question au corps électoral à partir du moment où, entre 500.000 et 1 million de Français en faisaient la demande, on peut d’ores et déjà prévoir les premiers référendums : taxe carbone, PMA, poursuite ou non du nucléaire, assistanat, ISF, réforme des retraites, peine de mort, fichés S… de toutes ces questions, certaines sont d’ordre constitutionnel, certaines sont liées à des accords internationaux. Comment établir une cohérence, ne pas voter une baisse des impôts et en même temps plus de services publics, par exemple ? Comment (et pourquoi d’ailleurs) protéger les principes fondamentaux du droit ? C’est pour cela qu’il y a des partis politiques. Ils sont censés faire l’effort de composer un bouquet de réformes cohérentes, d’allier le long terme et le court terme au service d’une vision de la société issue d’un héritage politique. La démocratie directe généralisée (comme le souhaitent les gilets jaunes) risquerait d’être une somme d’intérêts particuliers ou de groupe de la population… 

La France Insoumise et le RN proposent le RIC.

Oui, avec des objectifs différents. Ces partis ne veulent pas le généraliser mais le cantonner à de grands sujets structurants ou alors à des questions spécifiques et locales. Il ne s’agit pas pour eux (et à raison) d’en faire l’outil normatif principal… c’est aussi le sens de la réponse d’Edouard Philippe. Les gilets jaunes ont toutes les chances d’être déçus quand on entrera dans la définition du champ, forcément restreint, du RIC. Mais cette demande, ainsi formulée sur les ronds-points, traduit une exaspération légitime face à ce qui apparaît comme une série de murs démocratiques ! Comme s’il y avait une pusillanimité, une impuissance des gouvernants. Rien d’un peu audacieux ne semble jamais possible à cause d’accords internationaux, de l’interdépendance des économies, à cause -selon le bord d’où l’on parle-  des grands patrons qu’il ne faut pas faire fuir ou d’une élite bienpensante mondialisée ! Pourtant, il faudra bien  répondre à ce sentiment de dépossession ! Mais plutôt qu’une démocratie directe simplificatrice, pourquoi ne pas imaginer une démocratie plus participative dans laquelle les citoyens seraient impliqués dans la conception des réformes plutôt que dans leur adoption. N’était-ce pas, après tout, aussi le sens de la campagne d’Emmanuel Macron ? C’est –enfin !- l’objet des trois mois de débats qui s’ouvrent et dont on ne sait pas grand-chose pour l’instant. En attendant, le président serait bien inspiré de proposer ce qu’il avait envisagé pendant la campagne : une forme de contrôle populaire de son action. Un rendez-vous annuel d’un groupe de Français tirés au sort, chargé d’évaluer sa présidence. Ce serait un 1er pas vers la nécessaire déjupiterisation d’une présidence qu’il convient de moderniser et de rendre plus redevable, dans la durée, et pas simplement tous les 5 ans.

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