Vous revenez ce matin sur votre édito d’hier… auriez-vous dit une bêtise ?

Et bien je l’ai d’abord cru en écoutant Roselyne Bachelot hier…  et ça mérite que l’on y revienne, vous allez comprendre pourquoi. Mon propos d’hier était de comparer le sort qui était fait au monde du spectacle, éteint pour cause de Covid m, et au monde religieux qui a gardé ses églises ouvertes. C’est une comparaison qui n’est peut-être pas raison mais qui cristallise l’incompréhension des artistes, des techniciens du spectacle, des directeurs de salles et des conservateurs de musées. J’expliquais que finalement contrairement a ce que l’on croit généralement les églises (toutes religions confondues) avaient plus de capacité d’influence auprès du gouvernement que le monde de la culture… Mais  Roselyne Bachelot à 8 heures 20 a affirmé que ce n’était pas le gouvernement qui était la cause de cette différence de traitement entre les spectacles et les cultes mais le Conseil d’Etat ! Donc le droit… En réalité le Conseil d’Etat ne s’est prononcé, début novembre, que sur la jauge… la question, à ce moment-là, n’était pas ‘ouverture ou fermeture ?’ mais la jauge ! Puisque les cultes étaient ouverts, leur imposer de façon uniforme une jauge de 30 personnes était absurde, considérant la variété des tailles des églises, temples, mosquées ou synagogues. Le conseil d’Etat s’était contenté de demander  au gouvernement de revoir sa copie. Ce fut fait et c’est une jauge de 30% de la capacité habituelle du bâtiment qui fut adoptée, de façon beaucoup plus logique. Mais si le premier ministre avait décidé de faire fermer les églises, comme les salles de spectacles (provisoirement et pour raison sanitaire), il n’est pas du tout certain (renseignement pris au conseil d’Etat) que le juge administratif ait demandé de les faire rouvrir. C’est donc bien une décision gouvernementale contrairement à ce que dit Roselyne Bachelot. Le Conseil d’Etat s’était appuyé sur la liberté religieuse,  un droit inscrit dans la constitution, pour que, (puisque les Eglises sont ouvertes) ce droit puisse s’exercer de façon satisfaisante. 

Et le droit à la culture n’est-il pas aussi important ? 

Plusieurs acteurs du monde de la culture ont formé un référé-liberté (la procédure utilisée par les représentants des cultes). Le jugement sera rendu avant Noël. Mais le droit à la culture n’est pas aussi explicite dans la constitution que la liberté religieuse. Cette situation est intéressante parce qu’elle oblige à se poser des questions à la fois absurdes et essentielles. Faut-il hiérarchiser libertés religieuses, droit à se cultiver ou se divertir et liberté de commerce ?  Chacun de ces droits et libertés (trivial ou spirituel) est essentiel, bien sûr. Certaind sont simplement plus compliqués à mettre sous cloche temporairement, comme ce qui est appelé maladroitement ‘les commerces essentiels’. Il faut bien se nourrir… Quant à la liberté de culte et de conscience, principe fondamental de toute démocratie… qu’elle soit, dans ce cas, invoquée par les représentants des cultes, pour se soustraire à la précaution sanitaire demandée aux autres… voilà qui peut apparaitre comme une contradiction avec le message habituel de solidarité des églises et même comme une forme d’irresponsabilité.  

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