Vous vous souvenez que lors de son intervention télévisée Nicolas Sarkozy avait évoqué la possibilité de soulager les plus petits contribuables, il avait parlé d’une meilleur indemnisation du chômage partiel, de la possibilité de réformer le partage des profits, dit que le milliard quatre récolté par Bercy grâce aux intérêts des prêts faits aux banques serait redistribuer sous forme de pouvoir d’achat… le Président disait alors qu’il mettrait ces sujets « sur la table » le 18… le lendemain d’ailleurs on avait souligné ce changement de ton. Nicolas Sarkozy était moins directif, il faisait des propositions et invitait les syndicats et le patronat à venir en discuter. On entrait donc dans une période de concertation ! C’est du moins l’acception que l’on avait naturellement retenu de la formule mainte fois répété « je mets ce sujet sur le table »…hé bien pour l’instant, rien n’est moins sûr. Peut-on parler de sommet social? Il faudrait s’entendre sur les mots. Quand on dit sommet social, on pourrait penser que cela veut dire que les hauts responsables politiques et syndicaux du pays se réunissent au sommet pour discuter, de ce qu’il conviendrait de décider. En réalité, « sommet social » ça veut dire ici, que le sommet, c'est-à-dire l’Elysée va annoncer ce qu’il a décidé…rien de plus. Le 18 février, c'est-à-dire aujourd’hui n’est pas un nouveau grenelle social…ce qui est sur la table n’y est pas pour être négocié, discuté, on ne va pas se demander ce qu’il faut faire du milliard 4 par exemple. Il s’agit d’une série d’annonces, dont certaines seront peut-être substantielles, mais une série d’annonce déposées sur la table pour être montrer avant usage : « voila ce que je vous propose, vous le voulez tant mieux, vous ne le voulez pas tant pis, ça se fera quand même »…de tout façon le sommet durera de 15 à 18 heure ! C’est tout ! Le Président parlera le soir à la télévision… au passage, toujours pas de conférence de presse avec de vraies questions… il y aura bien quelques projets lancés et qui feront l’objet de discutions entre les partenaires sociaux mais, ces derniers jours quand les syndicats et le patronat ont été reçu, chacun à leur tour par Brice Hortefeux ce n’était pas pour prépare une négociation mais pour qu’ils exposent ce qu’ils avaient à mettre, eux aussi sur cette fameuse table. Et d’ailleurs quasiment rien de ce que les partenaires sociaux proposeront ne sera repris…on peut s’attendre, évidemment quelques surprises, a une annonce spectaculaire…tout ça reste une gestion calibrée, ajusté, théâtralisée mais certainement pas une négociation… Alors ça ne veut pas dire que, sur le fond rien ne va bouger… laissons aux spécialistes le soin d’évaluer l’efficacité, le caractère juste ou non des mesures mais dans la méthode et la philosophie de l’action, il nous faut constater que l’impression que nous avions eu, le 5 février, lors de l’émission du Président, l’impression d’une gouvernance moins péremptoire n’est en réalité pas à l’ordre du jour. Une réunion de 3 heures, suivie d’un monologue du président n’a rien à voir avec une quelconque négociation. Et le plus étonnant c’est que les syndicats au fond ont l’air d’y trouver leur compte… la mobilisation du 29 janvier était trop belle pour ne par retenter le coup…donc quoi qu’il arrive cet après midi la journée d’action du 19 mars est maintenue. On dit beaucoup en ce moment que la crise financière mondiale devrait être l’occasion de changer les règles du capitalisme… On pourrait peut-être commencer par profiter de la crise pour, enfin moderniser le dialogue social en France!

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