Retour ce matin sur une semaine folle marquée par l’affaire Alliot-Marie et ses dégâts collatéraux...C’est le principe de la boite de Pandore : ces dégâts sont considérables et dépassent la seule personne de la ministre des affaires étrangères. Il y a d’abord ce qu’a révélé cet épisode, à la lumière de l’onde de choc qui secoue aujourd’hui le monde arabe : la France a entretenu une trop grande connivence avec ce que fut le règne de Ben Ali, personnalités politiques de tous bords, milieux d’affaires. Ces relations inavouables sont détaillées dans une longue enquête que publie Le Monde. Le discrédit est tel qu’Elisabeth Guigou a dû démissionner du think tank méditerranéen mis en place par son mari, et financé en partie par Aziz Miled, l’homme d’affaires ami de Michèle Alliot-Marie. Il n’y avait aucun conflit d’intérêt, mais il fallait écarter le soupçon, explique l’ancienne garde des sceaux socialiste. Mais il est là, le fond du problème, dans la consanguinité avec des régimes infréquentables. La déclaration de Boris Boillon hier montre bien que l’Elysée a pris conscience des erreurs commises. Le nouvel ambassadeur de France à Tunis, envoyé là pour recoller les morceaux, veut « écrire une nouvelle page », ce qui suppose « un autre style, une nouvelle approche ». Mais ce virage arrive un peu tard. Le sort de Michèle Alliot-Marie pose un sérieux problème à la majorité, à quasiment un an de la présidentielle...Derrière le soutien du bout des lèvres, pointent les critiques, hors micro. « MAM doit partir, ce n’est plus possible, on ne va pas tenir comme ça longtemps », confiait hier soir un proche du chef de l’Etat, qui estime inéluctable un remaniement, même restreint, au sortir des cantonales. « Le problème aura été ses mensonges à répétition », se désole un ministre du gouvernement. Pour un grand nombre d’élus de la majorité, ces mésaventures rejaillissent sur toute la famille gaulliste, au moment où Jacques Chirac s’apprête à comparaitre en correctionnelle. Les députés, qui pensent déjà aux législatives de l’an prochain, s’inquiètent déjà des scores que l’opposition va réaliser aux cantonales. Pourquoi Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas démissionné sa ministre ?Difficile de remercier MAM, tout en conservant son compagnon Patrick Ollier qui était du voyage tunisien, ou encore François Fillon, après les révélations sur son séjour égyptien. Le résultat est calamiteux pour ce gouvernement déjà usé par des polémiques à répétition. En conservant la même équipe, à quelques rares exceptions près, Nicolas Sarkozy, à l’inverse de ses prédécesseurs, s’est privé d’un acte 2 du quinquennat, et d’un nouveau souffle. Le voilà de nouveau seul, en première ligne. Au bout du voyage, la sanction est là : le sondage que publie l’IFOP pour France Soir donne ce matin une Marine le Pen autour de 20 points. C’est le syndrome du « tous pourris ». La menace concerne aussi bien l’UMP que le PS, parce qu’elle est synonyme d’un rejet croissant de la classe politique traditionnelle. Nicolas Sarkozy réactive du coup certains débats, identité nationale, Islam. Vous savez, la boite de Pandore…

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