Ce matin, Thomas Legrand évoque les trois autres candidats à la primaire du PS et de ses alliés…

Il s’agit des candidats hors PS que l’on appelle les petits candidats au regard du score qui leur est promis (même si, en la matière il ne faut jurer de rien) : Sylvia Pinel, Jean-Luc Bennahmias et François de Rugy. Trois inconnus du grand public, même si Sylvia Pinel fait partie du gouvernement, trois inconnus que la primaire permet de découvrir, comme la primaire de la droite avait révélé Jean-Frédéric Poisson. La vie politique, polarisée sur les partis phares, le PS et LR, producteurs officiels de Présidents depuis 1981, nous conduit à sur-commenter les actes et dires de ces derniers, suivant mécaniquement des yeux la balle de ping-pong de leurs polémiques binaires. Notre commentaire, de même, couvre bien les grands partis aux franges de la droite et de la gauche, qui représentent de puissants et anciens courants et sont incarnés par de fortes personnalités, talentueuses et tonitruantes (Marine le Pen et Jean-Luc Mélenchon), portés par l’impuissances des partis dits de gouvernement.

Bref, si vous êtes modéré sans pour autant faire partie de LR ou du PS, vous n’intéressez personne !

Non et en fait c’est un peu normal parce les mouvements auxquels appartiennent les 3 petits candidats sont maintenus en vie, ou même créés par le PS dont l’assise majoritaire s’est considérablement réduite. Le PS masque ainsi ce qu’il est devenu : un mouvement isolé depuis sa séparation, d’abord d’avec le PC au niveau national, puis d’avec EELV. Pouvez-vous me citer le nom des partis de Jean-Luc Bennahmias et de François de Rugy ? Bennahmias : Front Démocrate, qui est une composante de l’Union des démocrates et écologistes. De Rugy, le Parti Ecologiste. Il s’agit d’organisations largement suscitées par le PS (ou plutôt l’Elysée) pour créer un rassemblement de confettis et faire illusion de la belle Alliance Populaire. Pour Sylvia Pinel, c’est différent, le parti Radical de Gauche est le plus vieux parti existant. Le radicalisme, de Clémenceau à Mendes-France, en passant par Jean Moulin (et donc jusqu’à Sylvia Pinel) représentait tout simplement l’ancrage et la permanence de la République. Ce parti est aujourd’hui une survivance qui ressemble à une association de notables du sud-ouest, que le PS a placé sous respiration démocratique artificielle, pour singer la diversité et s’assurer quelques fiefs locaux encore marqués par la glorieuse tradition radicale…et ses réseaux. On a d’ailleurs du mal à saisir l’originalité du propos de Sylvia Pinel dans cette campagne. Au moins sauve-elle l’image testostéronée d’une primaire socialiste mâle. Mais mises à part ces explications d’appareil, les 2 écologistes (de Rugy et Bennahmias) sont de vrais militants actifs et de longues dates. On a pu constater la précision raisonnable d’un de Rugy, en bon modéré de l’ouest, qui s’attache à démontrer que l’écologie n’est pas qu’une affaire d’idéalistes. Jean-Luc Bennahmias, dans un style, disons un peu plus précipité, est un passionné. Il rêve (comme beaucoup en ce moment) de faire sauter le clivage droite-gauche dommageable, pense-il, à l’écologie. La primaire est leur moment warholien. S’il ne faut pas être dupe de cette diversité sur-jouée, il ne faut pas pour autant négliger l’originalité et la sincérité de leurs messages.

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