On ne sait à peu près rien. Ce que l'on sait, c'est généralement parce que l'Elysée teste un nom ou qu'un ministrable se fait mousser. La seule certitude, c'est que les ministres qui ont été élus au parlement européen vont aller siéger au parlement européen. C'est-à-dire Michel Barnier et Rachida Dati, les ministres de l'agriculture et le Garde des sceaux. On sait aussi que cette règle de base nous a été rappelée par les dirigeants de l'UMP avec un air imprégné traduisant le poids qu'il convient de donner à la vertu en politique et au respect de l'électeur : tous les ministres-candidats élus iront siéger ! Tous ?! Sauf Brice Hortefeux qui voulait bien se présenter mais ne pas être élu. Donc, avec le même air imprégné du poids des responsabilités d'un ministre d'exception, on nous dit qu'il ne siégera pas. Ce qui est magique en politique, c'est que l'exception à la vertu c'est encore de la vertu ! (Un beau sujet de philo un peu tordu peut-être). Donc, deux gros ministères à pourvoir dont un régalien, quelques mouvements de strapontin au gré des ratages et des agacements, quelques interrogations. Rama Yade, qui exaspère toujours le président, sera-t-elle remplacée à moins que sa grande popularité ne la sauve ? Christine Albanel paiera-t-elle pour le parcours chaotique de la loi Hadopi ? Finalement, rien qu'à l'énoncé de ces questions, on prend la mesure du peu d'intérêt de la chose. Les nouveaux ministres fourniront aux pages peoples des magazines quelques belles photos. Dans « Paris Match », nous aurons sans doute le premier petit déjeuner du nouveau ministre de la justice en famille. Je vous fiche mon billet que ce sera un homme ou une femme très simple qui n'aura pas changé ses habitudes si modestes. Il y a quand même un petit intérêt : l'ouverture... Est-ce qu'elle va continuer ? Les candidats à l'ouverture se raréfient. Pensez, il faut taper maintenant dans les radicaux de gauche. Ça fait un peu fond de cuve. Et puis, il y a le cas Allègre. Claude Allègre, au même titre que les ours blancs des pôles, risque d'être l'une des victimes indirectes du réchauffement climatique. Le score des verts et le verdissement mécanique du discours présidentiel qui s'en est suivi a, semble-t-il, plombé les chances de Claude Allègre. Rappelons que Claude Allègre combat les écologistes sur le thème du réchauffement de la planète. Donc, même avec ce petit suspens, le remaniement reste d'un intérêt modéré, tout simplement parce que les ministres n'ont plus l'importance qu'ils avaient. C'est un thème rabâché dans l'exercice du commentaire politique que de parler de la concentration des vrais pouvoirs de décision à l'Elysée. Logiquement, on devrait s'intéresser avec plus d'attentions à la composition du cabinet du président de la République. Peu importe, par exemple, de savoir qui sera le futur ministre de la justice, de quel sexe, de quelle couleur de peau ou de quelle couleur politique ! Ce qui compte, c'est que l'homme qui garde vraiment les sceaux s'appelle Patrick Ouart, qu'il est conseiller à l'Elysée. C'est lui qui prépare la prochaine réforme de l'instruction. Mais ça pose un petit problème de fonctionnement des institutions parce que si les ministres sont dépourvus d'une bonne partie de leur responsabilité, le contrôle de l'exécutif par le législatif s'exerce quand même sur eux, donc sur pas grand-chose. Le mardi et le mercredi après midi, lors des questions au gouvernement par exemple, ce ne sont pas les vrais responsables, mais simplement les porte-paroles de la politique engagée qui sont devant les députés. Le gouvernement ne serait plus qu'un grand panneau d'affichage, un 4 par 3 de l'image que le Président voudrait que l'on ait du pouvoir. Ce remaniement, politiquement, a donc à peu près autant d'intérêt que l'autre suspens du moment : savoir ou Nicolas et Carla Sarkozy passeront leurs vacances d'été cette année ?

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