Ce matin, double triomphe ! Triomphe de François Hollande et triomphe du bipartisme.

Triomphe d’abord de François Hollande et du parti socialiste, bien sûr. Le PS détient à lui tout seul, sans ses satellites ou affidés radicaux ou chevènementistes habituels, la majorité absolue. C’est le triomphe aussi du système mis en place et modifié dans le cadre de la Vème République, fait pour asseoir un pouvoir fort dans une stabilité solide. Le pli semble pris maintenant, depuis que le quinquennat est instauré avec son calendrier électoral immuable, ses quatre tours de scrutins, présidentiels, puis législatifs en mai/juin tous les cinq ans, l’électorat confirme ses choix et leur donne une cohérence politique. François Hollande est à la tête, directement ou indirectement de tous les leviers politiques, locaux ou nationaux. C’est donc d’abord un triomphe pour lui, parce que rappelons que c’est aussi pendant son long règne à la tête du Parti socialiste que celui-ci a commencé à remporter toutes les élections intermédiaires, municipales, cantonales et régionales qui ont assis les socialistes dans quasiment tous les fauteuils des territoires. Cette puissance de feu politique se retrouve entre les mains d’un homme au moment où le pays, comme l’Europe, traverse une crise sans précédent. François Hollande est donc maintenant devant d’immenses responsabilités. Sortir le pays et l’Europe de la crise… mais quand on détient de tels pouvoirs et que l’on est le représentant d’une force politique qui se dit « progressiste », on est forcément face à d’autres responsabilités : réformer les institutions pour les rendre plus démocratiques, plus adaptées à la diversité de la société et de la population. Cet aspect-là du programme de François Hollande n’a pas beaucoup été développé, ni par lui, ni par son parti… Il ne faudrait pas que la crise, les urgences sociales et économiques évidentes masquent cette nécessité. Une nécessité que l’on peut lire dans les records d’abstention successifs.

Triomphe aussi du bipartisme…

Oui puisque deux blocs se dégagent clairement. Le bloc de gauche avec le PS et le bloc de droite avec l’UMP. Tous les mouvements politiques qui, à des degrés divers, ont fait le choix de l’indépendance vis-à-vis des blocs, sortent plus ou moins laminés de ces législatives. Le Modem, qui cultivait son indépendance sous une forme d’équidistance entre la droite et la gauche, a disparu de l’Assemblée puisque sa voix emblématique, celle de François Bayrou a été éliminée. Le Front national, avec ses listes noires et sa volonté de détruire la droite parlementaire, sera représenté symboliquement. Le Front de gauche qui a pris ses distances programmatiques avec le PS, sur la question fondamentale des équilibres budgétaires ou de l’Europe, perd des sièges alors que son représentant à la présidentielle a fait un relatif bon score. Seuls les alliés fidèles des deux blocs s’en sortent. La palme du rapport qualité/prix revient aux Ecologistes : 2.3% à la présidentielle, 17 députés ! Et à droite, le Nouveau centre, dont absolument personne n’a entendu parler pendant la campagne, dont les préoccupations ont été dédaignées par l’UMP et qui n’a pas su avoir de candidat à la présidentielle, eh bien, aura sans doute un groupe parlementaire à l’Assemblée ! Le bipartisme a ses avantages : stabilité, cohérence politique. Il a ses inconvénients : le défaut de représentativité. Une dose, de 10 ou 15% de proportionnelle ne remettrait pas en cause les avantages du bipartisme et permettrait une meilleure représentativité des sensibilités du pays. Ce sera sans doute le cas dans cinq ans… puisque c’est l’une des promesses de François Hollande.

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