Oui, parce que nous arrivons à un moment de l’histoire des deux gauches où l’élastique paraît tendu au maximum...on pourrait croire que ça va péter ! Le mariage entre les frondeurs et la gauche macronienne n’est plus qu’un mariage de raison. Ils restent ensemble pour les enfants ! Le problème, c’est le macronisme. C’est un problème pour la gauche d’aujourd’hui, c’est peut-être une solution pour celle de demain. Mais pour le savoir dès aujourd’hui, encore eut-il fallu que les choses se fassent à l’endroit. Or, elles se déroulent à l’envers ! E. Macron a une pensée politique mais ne veut pas la développer devant les instances du PS (auxquelles d’ailleurs, il n’appartient pas). Il estime que ce qu’il pense n’est pas audible, pour l’instant, par le parti dont est issu pourtant le président qu’il sert. Allez comprendre !

Alors comment résumer le « macronisme » ?

En gros, il s’agit de considérer que ce n’est plus par l’accumulation de droits formels qu’on défend le mieux l’égalité, mais en créant (ou préservant) des droits réels. Ces droits (ça, c’est dur à avaler pour la culture socialiste classique), ces droits réels passent parfois par une forme de dérégulation. La différence avec le centre droit, c’est le souci (affiché du moins) de l’égalité comme but ultime de chaque réforme. Alors la question n’est plus de savoir si c’est de gauche, mais plutôt si les propositions de réforme de droit du travail ou d’allègement de charges peuvent favoriser une société plus juste ! Pour l’instant… ce n’est pas vraiment probant. Le macronisme (s’il parlait) répondrait que c’est parce qu’il n’est pas pleinement appliqué. Le problème, c’est que le macronisme, arrivé en douce, veut s’imposer au forceps, à la limite de la bienséance démocratique (confère le 49.3 de mardi) et se faire accepter par la preuve. Si ça marche, ce sera le moteur de la prochaine élection de F. Hollande. On fait donc les choses à l’envers : on impose une politique qui n’a pas été annoncée, qui est arrivée masquée, et si elle marche on se fait réélire dessus. Au lieu d’annoncer clairement une politique, de se faire élire et de l’appliquer. E.Macron est moderne sauf qu’il croit encore en la verticalité du pouvoir ! Mais le système partisan français, moulé dans nos institutions faites pour un général du XXème siècle ne marche plus. Il est comme une tuyauterie qui irait chercher l’eau dans l'évier pour la déverser dans la source. La gauche de gouvernement devrait, pour remettre les choses à l’endroit, commencer par passer l’épreuve de philo du bac en choisissant le très judicieux et mendésiste sujet de la section S « la politique échappe-t-elle à une exigence de vérité ?» Les lycéens avaient 4 heures. Le PS (puni de n’avoir pas traité le sujet plus tôt) risque d’avoir quelques années d’opposition pour y réfléchir… Pour revenir ensuite au pouvoir avec des idées, peut-être macroniennes, ou peut-être des idées opposées, si les frondeurs arrivent à produire une ligne claire… Bref, un truc de dingue : proposer une cohérence avant les élections et l'appliquer après !!

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