C’est un événement qui va sans doute rythmer la vie politique des prochains mois. Une campagne sur des questions issues des travaux de la convention citoyenne. Cette assemblée de Français tirés au sort qui planchent depuis des mois sur le thème de la lutte contre le réchauffement climatique

On ne connait pas encore les propositions de la convention  qui se réunira ce week-end pour en délibérer une dernière fois. Cette assemblée proposera (c’est dans son cahier des charges) la façon de faire appliquer ses projets: référendum, loi ou décret. Début juillet, le président dira ce qu’il compte reprendre des propositions. Et confirmera qu’un référendum sera organisé si la convention le propose. Ce qui devrait être le cas. Avec 3 ou 4 questions. L’une porterait sur l’obligation de faire isoler thermiquement tous les bâtiments ! Revendication des écologistes qui n’a jamais été mise en œuvre, considérée comme une mesure couteuse, titanesque par les parlementaires de tous bords qui, à vrai dire, ne se voyaient pas affronter les propriétaires (petits ou grands) et les promoteurs immobiliers de leurs circonscriptions… 

Cette mesure serait une énorme avancée écologique, tant ‘les passoirs thermiques’ sont énergivores. C’est aussi une opportunité pour le BTP même si ça demande de l’investissement en formation. Le type même de mesure qui devrait rencontrer l’assentiment populaire puisque elle doit être accompagnée d’aides financières pour les petits propriétaires.

Un tel référendum constitue-t-il un risque politique pour Emmanuel Macron ? 

Pas vraiment. Une consultation avec plusieurs questions rend difficile son dévoiement contre-plébiscitaire. Le président devra alors ne pas s’engager, s’en remettre au peuple. Les débats seront grand-publics et malvenus seraient ceux qui plaideraient pur un NON de principe, partisan. 

D’ailleurs, certains membres de la majorité imaginent que ce soient surtout les citoyens de la convention, ceux qui auraient pris gout à la parole en public et au débat, qui fassent campagne. On connait au moins les questions qui ne peuvent pas être posées : la taxe carbone par exemple. Les sujets de fiscalité ne peuvent pas (c’est la constitution) être tranchés par référendum. La limitation de vitesse n’est pas un sujet d’ordre législatif donc il est hors du champ référendaire. 

Il peut en revanche y avoir la limitation de publicités pour des produits polluants. Une mesure qui toucherait des intérêts financiers et des emplois. Les questions devraient être lourdes de conséquences pour justifier que l’on mette ainsi les Français devant leur responsabilité, passant outre l’Assemblée Nationale.

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