Emmanuel Macron, à Montcornet, hier, célébrait l’esprit gaullien… C'est l’année des multiples commémorations : 130 ans de sa naissance, 80 de l’appel, 50 de sa mort… Et de Gaulle reste la référence inatteignable.

Le célèbre mot ‘tout le monde est, a été ou sera gaulliste’… est aujourd’hui simplifié : ‘tout le monde est gaulliste’. Point ! La droite par tradition, nostalgie de l’autorité et de la place de la France dans le monde, la gauche par vénération de la résistance, et méfiance envers le  capitalisme. 

L’extrême-droite, c’est opportuniste, par goût de l’ordre et parce que les adeptes du pétainisme et de l’Algérie française ne font  plus rêver personne. Même certains écologistes s’intéressent désormais aussi au gaullisme ! 

Le gaullisme, c’est  l’indépendance, la souveraineté, la maîtrise du destin… Or, aujourd’hui  les souverainetés alimentaires, énergétiques, passent par la  transformation écologique … Certes, l’écolo-gaullisme, c’est  quand même un peu tiré par les cheveux ! Mais tout parti qui s’approche du pouvoir doit ingérer le gaullisme ! De Gaulle est une stature, une statue… 

Sa place immense dans notre inconscient politique vient du fait qu’il a, par deux fois, réalisé l’impossible pour, tout simplement, sauver la France ! Son talent fut aussi d’avoir su se construire un piédestal … De Gaulle a peint de lui-même, dit  joliment Pierre Nora, 

Une toile, comme Vermeer où la lumière qu’on croit éclairer le tableau vient du tableau lui-même.

Quid du gaullisme et du macronisme ?

Il  y a des ressemblances qu’il serait abusif de surinterpréter tant les circonstances sont différentes.  Sans commune  mesure... Et puis, ce n’est plus l’histoire qui trie les présidents !  D’ailleurs Emmanuel Macron ne fait prudemment le parallèle que par  allusion… 

C’est pour lui une inspiration pour le dépassement des  clivages, l’idée du rassemblement. Mais si le gaullisme  résonne particulièrement aujourd’hui, dans l’esprit public, c’est qu’il  prétendait aussi être une réponse à la faillite des élites. 

La bataille de Montcornet, c’est l’intelligence tactique d’un colonel, la bravoure des soldats, rendues vaines à cause de l’incurie d’un état-major imprévoyant, incapable de se remettre en cause. 

Ce  pourrait être une métaphore de la façon actuelle dont la population juge (justement ou injustement) ledit "système". Seulement le Gaullisme à perpétuité peut être aussi la marque d’un manque d’imagination pour le présent ? A s’y référer, pour tout et tout le  temps, on risque l’anachronisme ! 

Pour de Gaulle, "quand la France faillit, ce n’est pas le génie français qui est en cause mais les Français eux-mêmes"; dit-il dans ses Mémoires de  guerre. La France est, pour lui, plus importante que les Français. A ce  compte-là, on envoie du monde au casse-pipe sans ciller ! 

Avec cette façon de voir, on n’aurait pas sacrifié, par exemple, une partie de la  puissance économie française (par le confinement)  pour sauver des Français. 

Prenons donc de Gaulle pour ce qu’il est : un  monument historique qui témoigne d’une époque révolue, d’un rapport au  pouvoir heureusement disparu... mais un monument qu’il faut quand même  visiter de temps en temps pour nous rappeler  de ne pas désespérer de la France... 

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