**Nicolas Sarkozy est en voyage « semi-privé » en Arabie Saoudite et au Qatar, hier et aujourd’hui.Oui, et pendant ce temps là, il n’a pas pu se rendre au congrès des maires de France…avouez, on l’a tous fait un jour ce coup là : « j’peux pas j’ai piscine », ou, plus incontournable… « j’peux pas j’ai dentiste » ! Quand on veut éviter une corvée, un rendez-vous un peu rasoir. He bien le voyage en Arabie saoudite et au Qatar de Nicolas Sarkozy ça ressemble fort à un joli « j’peux pas j’ai dentiste » politico-diplomatique. Le roi Abdallah et l’émir du Qatar sont de bons amis de la France et du Président. De toute façon, une petite visite dans ces deux pays n’est jamais du temps perdu pour la diplomatie française, les liens toujours utiles à entretenir avec ces personnages influents au proche et moyen Orient… On a, en outre, en permanence quelques contrats potentiellement juteux sur le feu, il est de bonne politique commerciale de relancer son client. On peut même imaginer que ce voyage débouchera sur une annonce de contrat. Ce qui est pratique avec le commerce entre Etats, à ce niveau, c’est qu’un contrat peut s’annoncer à peu près n’importe quand : à la promesse, à l’engagement, à la signature, à la livraison…souvenez vous des Rafales vendus au Brésil…he bien, en réalité, ils ne sont toujours pas vendus ! Donc revenons à l’hypothèse de l’opération que l’on pourrait appeler « dentiste/piscine » Arabie/Qatar…! Il ne fallait pas que Nicolas Sarkozy (qui sera à Bruxelles demain, ça s’était prévu de longue date), donc il ne fallait pas que le chef de l’Etat soit en France pendant ces trois jours et vendredi il pourra recevoir, à l’Elysée dans un cadre forcement plus apaisé quelques centaines des maires qui auront accepté son invitation. Comment pouvez-vous être sûr qu’il s’agit d’une opération « piscine-dentiste » , comme vous dites ?L’Elysée nous présente ce voyage comme « semi privé » ! C’est nouveau et l’on ne comprend pas vraiment ce que cela veut dire. Est-ce qu’il y a une part de voyage privé et une part de voyage officiel ? ou est-ce que tout le voyage est placé sous ce drôle de vocable hybride « semi-privé » ? Ce qui est un peu compliqué à accepter c’est qu’il n’y ait aucun journaliste (hors mis le permanencier de l’AFP) qui soit autorisé à couvrir ce voyage. Un voyage officiel sans journalistes, ni ministres, ni hommes d’affaire serait du jamais vu et une étrange conception de la transparence. Si c’est un voyage privé alors il aurait pu être un peu décalé, au moins de quelques heures pour permettre au chef de l’Etat d’honorer sa promesse de venir chaque année au congrès de l’AMF. Surtout que le Président tentera, entre le Qatar et Bruxelles d’assister ce soir au match des bleus face à l’Irlande au Stade de France. Même si le premier ministre, qui a subi, hier une bronca, a fait face avec un certain panache au congrès, largement hostile, des maires de France, ça aurait été compliqué pour l’image même de la fonction présidentielle de voir Nicolas Sarkozy ainsi contesté par une assemblée d’élus de la République. Cette situation est révélatrice de la limite de la méthode de gouvernance à la hussarde qui fait qu’aujourd’hui le président ne peut plus sortir de l’Elysée que dans un cadre très sécurisé, très balisé. Une situation qui, si elle se prolonge, risque de l’isoler un peu plus et lui faire perdre le contact nécessaire avec la population. Un contact qu’aucune des enquêtes d’opinion quasi quotidiennes commandées par l’Elysée, ne pourra remplacer.**

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