Ce matin, une idée qui peut paraitre étrange par les temps qui courent… Marseille peut passer à gauche !

Oui, faut-il que Marseille soit un micro climat politique pour qu’on y trouve autant d’électeurs, en ce moment, qui prévoient de voter pour un socialiste… Notre sondage BVA crédite Jean-Claude Gaudin de 40% au second tour et Patrick Mennucci, pour le PS de 41%. (Stéphane Ravier pour le FN, 19%). Pourtant le socialisme local a beaucoup à se faire pardonner après les primaires trashs et après des années d’affaires et de clientélisme départemental. He bien non… aujourd’hui le PS a plus de chance de remporter Marseille que la France de se qualifier pour le Brésil ! Est-ce l’effet des 3 milliards promis par Jean Marc Ayrault ? Est-ce l’usure d’un maire cumulard dans l’espace et dans le temps ? Ces dernières années les maires de grandes villes ont transformé leur cité, amélioré les espaces et les transports publics. Que ce soit Bertrand Delanoë à Paris, Gérard Colomb à Lyon ou Alain Juppé à Bordeaux. Marseille semble ne pas avoir suivi la même trajectoire que les autres métropoles. Les différences entre le nord et le sud de la ville perdurent et nuisent à sa cohésion. Marseille a certes des circonstances atténuantes, une structure économique et sociale particulière, ses élus savent le rappeler à l’envie. Mais ce qui plombe la vie locale c’est autre chose, c’est le fameux clientélisme…

Pointer le clientélisme ici, n’est-ce pas encore une fois stigmatiser Marseille?

Non, d’ailleurs nous ferions la même analyse si nous étions à Levallois dans les Hauts de Seine, par exemple. En fait, partout ou l’on estime que l’intérêt général est une adition d’intérêts particuliers. « Essayez d’avoir une carte de docker sur le port de Marseille, essayez de passer un concours à la sécurité sociale ou d’être embauché aux Assedic si vos parents n’y sont pas déjà salariés, essayez de rentrer comme brancardier à l’Assistance Publique de Marseille.» … et vous comprendrez. Cette salve d’interrogations en forme de diatribe est de Philippe Sanmarco, ancien député socialiste marseillais. C’était au cours d’un colloque organisé par l’université Aix Marseille sur le thème des « territoires et de la démocratie » en 2003. Le clientélisme politique est accentué à Marseille parce que l’emploi public y est plus important qu’ailleurs. La ville divisée par arrondissement renforce les effets du clientélisme puisque les maires de secteurs n’ont aucun pouvoir de politique publique. Ils ont le temps d’écumer leur quartier, de densifier leurs réseaux et de promettre de faire jouer leur influence. Le clientélisme est très compliqué à contrecarrer parce que les élus sont persuadés de rendre des services à la population. Ils appellent ça la « politique de proximité ». L’enjeu de la campagne qui s’ouvre pour Marseille c’est de savoir si ce sont encore des clans, avec leurs cortèges d’obligés et d’affidés, qui vont s’opposer ou si ce sont enfin des projets politiques pour la ville qui vont se confronter. La réponse n’est pas forcément chez les politiques. Elle est avant tout chez les marseillais eux même puisque pour qu’il y est clientélisme, il faut des clients. Le trafic de drogue se combat par les deux bouts : dealer et consommateurs… le clientélisme c’est pareil ! L’électeur qui attend, avant tout un « petit arrangement », un avantage personnel et direct d’un élu est le premier responsable de l’état politique de sa ville.

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