Premier débat télévisé hier entre les 3 candidats socialistes à l'investiture. Un débat consacré aux questions économiques et sociales. Quel bilan peut-on en tirer ce matin ? Qu'a-t-on appris qu'on ne savait déjà ? D'abord, que si on met 3 socialistes côte à côte, à une distance certes de 30 cm les uns des autres, qui ne se regardent pas et ne se parlent pas, et bien ça se passe très bien ! La preuve, hier, Laurent Fabius a commencé par parler de ses concurrents comme de ses "compétiteurs", il est passé un peu plus tard à "mes collègues", pour finir par "camarades". C'était chaud bouillant ! Ségolène Royal, après avoir superbement ignoré la concurrence, s'est elle aussi laissée aller à un très familier "Dominique et Laurent". Bref, ils ne se sont pas écharpés. Règles du jeu respectées donc. Sur les différences entre candidats maintenant, qu'a-t-on appris ou re découvert ? Ségolène Royal. On va reprendre le tirage au sort d'hier pour ne pas être soupçonnée de favoritisme, s'est présentée en "socialiste réaliste écolo régionale". Son CV : sa région Poitou-Charente et en gros, tout ce qu'elle fait là bas, elle a l'intention de le faire pour la France. Sa philosophie : parler aux Français plus qu'aux socialistes. Afficher sa modestie, "j'ai pas réponse à tout". Etre concrète dans le ressenti des gens, en parlant par exemple de la "souffrance atroce" que représente un licenciement. Plus laborieuse dans ses explications macro économiques, on a bien cru qu'elle allait éluder la question des 35H. Mais quand elle y répond, elle y va franco, en affirmant qu'elles ont été pour certains, une régression sociale. Elle est dit-elle, la socialiste aux yeux ouverts quand d'autres récitent de vieilles formules. Dominique Strauss-Kahn, lui, est l'homme de la social démocratie. Son CV : Bercy où il était sous Lionel Jospin. Il est resté hier très "prof d'éco", clair et brillant. Sa philosophie : Il vante le compromis social, convaincu que la gauche ne doit plus se satisfaire de la loi, mais qu'elle doit revenir au Contrat. Il a déjà un programme, le pacte de l'Elysée, et même quelques propositions iconoclastes, comme celle de promouvoir la création de villes nouvelles. Laurent Fabius enfin. Candidat résolument à gauche, dénonciateur de l'hypercapitalisme. Son modèle, c'est le projet socialiste qu'il a montré deux fois à l'antenne. Sa philosophie : égrener des propositions très concrètes. Smic à 1500 euros, loi de programmation. En matière d'écologie, principe du pollueur payeur, tout ça avec un calendrier très précis. Le bilan ? Ecoutez, c'est pas du sport ! Il n'y a pas de résultat objectif, ni par point ni par ko. Ségolène Royal avait le plus à perdre. Elle n'a rien concédé. Les 2 autres devaient prouver leurs différences, ils n'y sont pas mal parvenus. Mais ce qu'on a surtout appris, c'est que la télé moderne, ce n'est pas si mal. Vous savez quand les gens discutent entre eux, s'interpellent, se coupent, bref confrontent leurs idées, les frottent les unes aux autres. Parce que franchement hier à l'issue des 2 heures des 3 monologues, on se disait : et dire qu'il reste encore 2 débats ! Sur la forme en tout cas, les primaires à l'américaine, c'est peut être pas notre truc.

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