Un sérieux doute s’installe sur la capacité de François Hollande à se représenter …

Oui, aujourd’hui, mardi, les parlementaires socialistes reviennent de leurs circonscriptions pour assister ce matin à leur réunion de groupe avant les questions au gouvernement cet après-midi. Ils sont à peu près tous déboussolés par le livre de Confessions de Gérard Davet et Fabrice Lhomme et par la forme de la visite hyper-sécurisée hier à Florange. Avant le livre, l’analyse qui prévalait parmi ceux des socialistes, parmi la masse des élus, était que certes François Hollande avait déçu, certes il battait des records d’impopularité mais, au fond, il avait, sur les questions régaliennes, au moment des attentats, sur le front de la politique extérieure, était un président plutôt solide, compassionnel et courageux. Ils estimaient (ces corps intermédiaires socialistes) que sa politique économique et sociale, attaquée sur les flancs droit et gauche, pouvait - en cherchant bien il est vrai - pouvait être défendue au cours d’une campagne face à un Mélenchon dans l’outrance agressive et le candidat de droite promettant de remettre en cause le modèle social par une purge dans les services publics. Bref, pour peu que Nicolas Sarkozy gagne la primaire de son camp et qu’Emmanuel Macron renonce (deux conditions qui ne sont pas les plus probables), il y avait un chemin étroit, soit pour être au second tour et donc probablement gagner, soit pour perdre avec un honorable 20%/25% au premier tour. De quoi sauver le PS d’une destruction promise.

Mais le livre casse ces maigres espoirs.

Disons que de maigres, les espoirs des élus socialistes, passent à rachitiques. Certains même, qui n’ont rien à voir avec les frondeurs, qui étaient prêts à se jeter dans la bataille, certes par devoir, plus comme on va chez le dentiste qu’à un match de tennis, ne le sont plus du tout. Ils n’avaient, par exemple, plus le courage de relayer ces derniers jours leur vérité factuelle : François Hollande à Florange a tenu ses promesses. En politique il y a les vérités factuelles et les vérités ressenties, comme en météo pour les températures. Quand il fait froid et qu’il y a du vent, on a l’impression qu’il fait -5 quand il fait 0. Et là, sur la campagne éventuelle de François Hollande, le froid ressenti, du fait de la tempête, congèle littéralement toutes velléités de faire campagne pour François Hollande ! La défense de certains Hollandais qui consiste à dire qu’il faut lire les 620 pages du livre pour comprendre que François Hollande, en fait, s’en tire, est assez désespérée. D’autant qu’à la lecture de l’ensemble du livre, on peut avoir, en réalité, le sentiment inverse. L’argument principal, que le Président pouvait, non sans raison, mettre en avant pour une éventuelle candidature à sa réélection était qu’il a traversé les attentats avec dignité, qu’il a su parler et agir au nom d’un pays qui n’a pas perdu son sang froid, lorsque l’histoire était tragique. Cet argument sera plus difficile à mettre en avant après ce striptease politique qui abime la stature en abolissant (non pas par un exercice de transparence, mais par une mise à nu), en abolissant la distance minimale nécessaire à l’exercice de l’autorité.

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