Une enquête est ouverte pour ‘menaces’ et ‘violences’ après des perquisitions mouvementées au siège de LFI... JL Melenchon est convoqué ce matin à l’office de lutte contre la corruption.

Des perquisitions qui ont suscité une indignation tapageuse de la part de JL Mélenchon, qui s’est filmé chez lui et, plus tard, a invectivé de façon très agressive policiers et magistrats. On a entendu le député des Bouches-du-Rhône dire que sa personne (en tant qu’élu) était ‘sacrée’,‘intouchable’, confondant sa fonction, son mandat et sa personne. Mais surtout, JL Mélenchon a parlé de police et de justice politiques  et laissé entendre que c’est le gouvernement, le pouvoir macronien, qui était derrière ces actions de police. Ces perquisitions sont par nature traumatisantes... cette façon, du fait de la numérisation de toutes les informations, de voir maintenant ses ordinateurs, disques durs et donc sa vie, y compris privée, happés par la machine judiciaire, a quelque chose d’exagérément intrusif. Mais des perquisitions dans le cadre de telles affaires sont courantes, légales et ordonnées par le seul pouvoir judiciaire ! C’est vrai, les perquisitions au domicile privé d’un dirigeant politique, c’est exceptionnel. Mais c’est au juge d’en apprécier la pertinence ! Une perquisition au domicile privé peut faire penser au grand public qu’il y a des possibilités d’enrichissement personnel... voilà qui, sans doute,  a fait sortir de ses gonds le leader de LFI... le choc est compréhensible.

Mais...

Il y a un mais ! Les insinuations complotistes, la victimisation outrancière, cette façon de répéter que LFI est particulièrement visée pour des raisons politiques,   est irresponsable. Quasiment tous les politiques aux prises avec la justice expliquent qu’ils sont victimes d’un complot, qu’il y a un cabinet noir à l’Elysée, que bien sûr leur mise en cause tombe à un moment particulier... Sur le ton de l’évidence de ceux qui voient des conspirations partout, ils tentent ainsi de se dédouaner ou de canaliser leur indignation. Mais le prix de cette défense cynique ou désespérée est très élevé pour le climat politique général. Souvenez-vous, François Fillon avait promis de livrer les noms (il les avait disait-il) de ceux qui étaient impliqués dans la machination de sa déchéance politique après les révélations du Canard enchainé. Ces noms... on les attend toujours. Bien sûr, il ne les a pas, personne n’a fabriqué cette histoire pour lui nuire, même si beaucoup l’ont exploité. Il ne s’agit pas de dire qu’il n’y pas plus de coup bas, de machinations dans la politique française, mais la tendance à la ‘house-of-cardisation’ de la vie politique atteint des sommets. JL. Mélenchon y ajoute, pour bonne mesure, la violence verbale et quasiment physique ! Cette façon de casser les codes de la bienséance politique rappelle Donald Trump. Quoi que l’on pense de ses idées, le leader insoumis avait eu cette immense vertu, en 2017, de ramener une partie non négligeable de la jeunesse à l’intérêt pour les affaires publiques. Cette réussite lui confère une grande responsabilité. De ce fait, son complotisme, sa perte de sang froid (à moins qu’il ne s’agisse de cynisme pur), ne font pas qu’abimer son parti et sa cause. Cela endommage aussi la cause civique et la chose politique dans son ensemble.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.