La République En Marche vers un large échec aux municipales. Tout concourt à ce que les municipales soient décevantes pour la majorité. D’abord, le parti présidentiel voulait présenter candidats dans toutes les villes de plus de 9.000 habitants. Elle n’y parvient pas.

Seules (sur un millier de villes) 260 têtes de listes auront l’investiture En Marche, dont uniquement 160 marcheurs pur jus comme nous le révélait Carine Bécard dans la matinale de mercredi. Les autres sont souvent des maires sortants divers droite ou gauche ou membres de partis associés. 

L’absence d’ancrage local ancien explique, bien sûr, en partie ce premier échec que constitue l’impossibilité de trouver assez de candidats en position de favoris. Parce que le parti du président ne peut pas se permettre de passer par les étapes classiques d’un nouveau parti qui présente des candidats partout pour gravir les premiers échelons, quitte à multiplier des mini-scores. La moindre candidature En Marche doit avoir une sérieuse chance de victoire pour être investie. 

La majorité joue donc placée plutôt que gagnante pour les municipales. Et ça crée des dissensions, des dissidences comme à Paris et Lyon, des atermoiements comme à Marseille. On parle là des trois plus grandes villes du pays qui avaient fourni de très bons scores à La République en marche en 2017. 

Mais ce n’est pas qu’une question d’implantation. La vague macronienne n’est plus là. Il ne s’agit pas de l’usure, après deux ans 1/2 de pouvoir, d’une éventuelle impopularité des réformes, ni même d’une déception de certains quant à la personnalité d’Emmanuel Macron et sa façon de présider. Vu la popularité plus dégradée encore des oppositions, ce n’est pas le rapport de force national qui comptera … excepté pour le RN et les écologistes, qui ont très peu de maires sortants mais le vent en poupe, aussi sur des problématiques locales. 

La nature du macronisme, qui a abouti au triomphe de 2017 et au sauvetage de meubles des européennes, sera sans doute de moindre efficacité pour les municipales. 

Pourquoi ?

Parce que le macronisme de 2017 était une promesse de sortie de l’impuissance publique qui minait la vie du pays depuis le second mandat de François Mitterrand. Emmanuel Macron avait convaincu une majorité de Français de stopper net l’improductive alternance gauche-droite, non pas via le populisme mais par un dégagisme positif et pragmatique. Résultat, le macronisme a tout simplement changé l’ensemble du personnel politique gouvernant. Mais cette nécessité, que le plus jeune président de la Ve République incarnait, n’a pas de raison d’être aux municipales. 

Si les Français constataient l’impuissance publique au niveau national, ils ne la constatent pas du tout au niveau municipal. Les grandes villes, particulièrement, ont énormément changées (en bien ou en mal c’est un autre sujet) mais personne ne peut dire que le maire (ou pour les petites villes le président de la communauté de commune) est un élu impuissant ! Dès lors, l’originalité macronienne n’a pas court aux municipales. D’autant que la majorité n’a pas encore réussi à donner une vision claire de ce que serait la spécificité d’une municipalité En Marche. 

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