En ce moment, parler du PS, c’est risquer le poncif sur les divisions, les querelles de personnes. On est quand même un peu obligé de se moquer et puis le PS, ça change tout le temps, c’est un corps encore un peu vivant, en pleine évolution, à moins que ça soit de la décomposition. En parler à un temps T, c’est prendre le risque d’être déjà dépassé. Comment savoir par exemple à quel degré de congélation se trouve la candidature de Ségolène Royal, qui, vous le savez, dit avoir mis ses ambitions au frigidaire. Quel est l’instrument qui pourrait mesurer le niveau de sincérité de l’alliance Hollande/Delanoë ? Parce que, vous savez ce qu’on dit ? Qu’en soutenant Bertrand Delanoë, François Hollande pense qu’il l’envoie au casse pipe puisque le prochain patron du PS aura à affronter des européennes qui s’annoncent mauvaises et des régionales qu’ils ne peuvent que perdre (c’est mathématique –toujours scientifique donc- puisqu’ils partent avec toutes les régions moins l’Alsace). Bref en 2011, Bertrand Delanoë sortirait de trois ans d’échec électoral avec l’image d’un premier secrétaire-maire de Paris surmené et défait. François Hollande serait alors le leader du courant majoritaire et le recours ! Et les strauss-khaniens, pourquoi ils soutiennent Martine Aubry ? Parce qu’elle serait la plus proche des idées du parton du FMI ? Pensez donc ! Simplement parce que des trois prétendants sérieux, c’est la moins présidentiable - ça laisserait donc en lice tout le monde pour 2012. Il y aurait une bagarre de chiffonnier et devinez qui viendrait sauver la mise un an avant le scrutin ? DSK bien sûr. Divisions, querelles de personnes, difficile de parler du fond , des idées. Des socialistes travaillent, des think tank produisent des textes, mais cette pensée n’a pas de voix et les oppositions sur le financement du RSA ou du bonus malus écologique, par exemple, se font entendre à l’intérieur même de l'UMP, comme si le parti majoritaire autoalimentait tout le débat politique national. Vous vous souvenez peut être que dans un précédent édito, on s’était permis de conseiller aux socialistes de s’écharper une bonne fois pour toutes afin qu’émerge un leader ! Seule façon pour eux de redevenir audible. Hé bien ça ne marche pas, ils s’écharpent, ça c’est vrai, mais pour l’instant, personne ne surnage et beaucoup de responsables socialistes pensent que l’on s’achemine vers un congrès avec trois forces quasiment équivalentes. Celui qui l’emporterait serait donc affaibli et deux autres écuries vivraient en parallèle et en embuscade. Ce scénario n’est pas sans rappeler la fausse synthèse du congrès de Rennes, qui fut l’apogée de la guerre des sous-chefs à l’époque de François Mitterrand, prélude à la débâcle des législatives de 93. Sans remonter à la chute de l’empire romain, on peut penser aussi à la fin pitoyable de la SFIO dans un mélange d’errements idéologique et de batailles d’ambitions entre Guy Mollet, Gaston Defferre et Pierre Mendes France ! Les législatives partielles de Chartres, le week-end dernier, passées totalement inaperçues, ont été un échec électoral cinglant pour le PS qui souligne, s’il en était besoin, l’état du parti vis-à-vis de ses électeurs. Nicolas Sarkozy peut dormir tranquille. Pour l’instant oui. Mais si le PS doit toucher le fond, c’est, finalement le meilleur moment. Nous sommes à 4 ans de l’élection présidentielle. Et c’est vrai qu’on dit qu’en privé, le Président se vente d’organiser le désordre au PS. Notamment en phagocytant Bernard Kouchner, Claude Allègre et séparant Jack Lang des socialistes. En réalité, en débarrassant le PS de trois personnalités dont l’âge déjà bien avancé avait endurci l’égo, il lui a plutôt rendu un service. Quand à Dominique Strauss Kahn, en l’éloignant, paradoxalement, il le protège aussi. Ce n’est pas nos amis de l’institut pasteur qui me démentiront : mélanger les éprouvettes peut s’avérer très dangereux !

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