**Lundi, s’ouvrira le procès Clearstream !Oui, le combat sauvage qui oppose Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin s’observe surtout comme on assiste, pour le spectacle, à un combat, non pas de boxe (c’est un sport trop noble et il y a trop de règles à respecter) mais comme un pugilat entre deux fauves. A une autre époque, les mots prononcés ces derniers temps par les deux protagonistes –le plus souvent en privé- les auraient conduits, un matin brumeux dans un pré au bois de Vincennes ou à Saint Clou, avec des témoins en redingote noire pour un duel au pistolet ou à l’épée comme Clemenceau et Deschanel ou, plus près de nous en 67, pour les dernier duel politique entre Gaston Defferre et le député gaulliste Ribière, qu’il avait, rendez-vous compte, traité d’abruti. Ces mœurs et ces règles n’ont plus cours mais la façon dont Nicolas Sarkozy dit et répète à l’envie que celui qui a mis son nom sur les listings Clearstream (entendez Villepin, puisque le président n’en doute pas) doit être « pendu à un crochet de boucher », nous montre que la civilisation n’a pas vraiment progressé dans l’art du duel politique. Des proches du président affirment qu’il continue à utiliser ce qui n’est bien sûr qu’une expression (imagée s’il en est) dès qu’il évoque cette affaire. Le Nouvel observateur de cette semaine raconte le dialogue ahurissant entre Jacques Chirac, alors Président et Nicolas Sarkozy son ministre de l’intérieur sur le sujet…Pour être sûr que Jacques Chirac comprenne de quoi il parle, Nicolas Sarkozy lui demande « avez-vous été dans une boucherie acheter de la viande récemment monsieur le Président ? » glaçant ! De son coté Dominique de Villepin ne manque pas une occasion de décrire, en privé un Nicolas Sarkozy parano, hystérique, complexé qui ne penserait qu’à se venger ou à instrumentaliser la justice contre lui. Il est parfois à la limite d’insinuer un déséquilibre mental. Mais les duels fratricides, c’est un classique dans la vie politique française !Oui, l’histoire politique française en pleine ???. Des duels au sens figuré, bien sûr…Clemenceau et Poincaré se détestaient et se traitaient d’idiot ou de fou, Rocard et Mitterrand étaient faits pour ne pas se comprendre et se nuire. Et puis il y a eu la succession de trahisons et de croche pieds qui ont émaillé la vie politique de Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac. Ce qui est fascinant dans ces grands duels c’est la maitrise de ces hommes qui se vouent des haines tenaces mais qui ne doivent, évidemment rien laisser paraître. Une colère, un manque de sang froid contre son adversaire, manifesté en public, pourrait avoir des conséquences politiques plus graves qu’être mis en examen pour de fausses factures ! Dans ce domaine, Giscard et Chirac ont été (et sont toujours) des maîtres du self control. Mais, par petites touches, par des écrits délicatement fielleux et des réflexions sibyllines, ces deux là continuent, au soir de leur vie, à s’envoyer des coups de béquilles dans le déambulateur. Chacun a sur son corps les traces du dentier de l’autre. Et l’on attend avec impatience les mémoires annoncées de Jacques Chirac pour y découvrir les dernières piques perfides, puis la réponse de Giscard par quelques déclarations ciselées, assassines et faussement off. Entre Giscard et Chirac c’est encore du fleuret moucheté comparé au massacre à la tronçonneuse Sarkozy/Villepin. Entre eux, il y a cette odeur de combat sanguinaire et sans loi qui oppose deux mâles blessés… Enfin, ce qui frappe, dans la guerre sans merci que se livrent ces deux hommes (et là on passe du pittoresque au scandaleux) c’est de constater avec quelle facilité sont utilisés, sans compter, les moyens de l’Etat. Les services de police et de renseignements sont mis à contribution prioritaire pour écouter, suivre, enquêter, en dehors de toutes procédures, ou dans le cadre d’une procédure qui soudain bénéficie d’un déluge de possibilités. Bien des juges d’instruction ou bien des enquêteurs du pôle financier rêveraient d’avoir un dixième de ces moyens pour traiter leur dossier qui s’éternisent.**

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