Ce matin, veille de l’ouverture de la coupe du monde de rugby…vous nous dites que le monde politique devrait s’inspirer de ce sport ?

Oui, d’abord je dois l’avouer à nos auditeurs les plus fidèles… j’ai déjà fait une chronique sur cette idée il y a 4 ans lors de la précédente coupe du monde… (J’ai des nouveaux arguments). Ce drôle de jeu, inventé en 1823 dans un collège anglais de la petite ville de Rugby par William Webb Ellis, est né d’une transgression. Comme tout acte politique décisif. Selon la légende, Webb Ellis s’est saisi, à la main, d’une balle de foot pour aller lui-même la porter dans l’embut. Il a créé de nouvelles règles ! Les qualités pour jouer au rugby sont celles dont on rêve pour la politique : il faut être courageux, collectif, imaginatif et rigoureux… loyal et ne pas avoir un égo surdimensionné. C’est un sport de combat, parfois brutal, mais qui demande un grand sens stratégique, il faut être malin mais pas trop retors. Savoir foncer dans le tas et parfois savoir éviter, contourner. Eviter, en rugby, se dit « crocheter ». F.Hollande, par exemple, est un parfait crocheteur. Il lui faudrait peut-être apprendre à un peu plus rentrer dans le chou. N.Sarkozy, avec son physique et son énergie de demi de mêlée fougueux, est encore un peu perso pour ce sport… Quand on porte la balle, au rugby, c’est généralement pour essayer de fixer le plus d’adversaires sur soi afin d’offrir le ballon à un partenaire qui aura ainsi la voie plus libre. En fait, les règles si particulières du rugby génèrent plutôt de la vertu : on ne peut faire des passes qu’à un partenaire qui est derrière soi. C’est unique dans le sport collectif. Et cette mécanique fait que les plus grandes satisfactions personnelles que l’on peut éprouver dans ce sport viennent de ce que l’on a pu faire pour les autres ! C’est la quintessence du sport collectif.

L’individualisme ne paie pas en rugby .

Non, les avants, groupés, doivent labourer le terrain (et parfois un peu l’adversaire) pour qu’enfin les arrières puissent faire du beau jeu en se passant la balle. Et au rugby, ce sont les arrières qui marquent le plus souvent! Ça dit tout ! D’ailleurs vous remarquerez qu’il n’y a pas véritablement de stars au rugby. On ne peut pas briller seul. Le mythe de l’homme providentiel, qui mine la politique française ne peut pas exister au rugby. La politique devrait aussi s’inspirer du rugby dans son rapport à l’adversaire. Cette capacité à organiser le pugilat, qui peut être brutal, et à se pacifier tout de suite après le coup de sifflet final. On les voit, à la fin de chaque match, ces gaillards, la gueule ensanglantée et les oreilles en choux-fleur, faire des haies d’honneur à leurs adversaires en retournant au vestiaire. Sympathisants et militants aussi devraient suivre la coupe du monde. Les supporters de chaque camp se chambrent gentiment mais se mélangent allègrement dans les tribunes. Il ne viendrait pas à l’idée d’organisateurs de matchs de rugby de placer des barrières, comme au foot, entre les supporters des deux équipes. Le rugby… est aussi un sport dans lequel l’argent n’a pas encore (pas encore !) tout corrompu. Enfin, c’est un sport dans lequel il peut y avoir des étrangers dans l’équipe nationale… Ce qui n’empêche en rien d’être fier de ses traditions !

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