Par Yves Thréard

C’est le monde à l’envers, cet été, entre la gauche et la droite.

C’est François Hollande et le gouvernement qui font preuve, en cette période estivale, d’un activisme tous azimuts que l’on croyait réservé à Nicolas Sarkozy et aux dirigeants de l’UMP. Ces derniers brillent, au contraire, par leur discrétion, leur absence des radios et des télévisions.

C’est François Hollande et le gouvernement qui, telle Mme Irma, réfléchissent à la France de 2025 alors qu’on leur fait souvent le reproche de manquer d’imagination et d’audace. Pendant ce temps-là, c’est l’UMP, en revanche, qui regarde en arrière, prise par la soudaine envie de passer au crible de la critique les années Sarkozy au pouvoir.

Bref, cet été, Hollande n’est plus le président normal qu’il revendiquait d’être. Il fait du Sarkozy, un comble !

Bref, cet été, l’UMP n’est plus dans la tradition bonapartiste et parfois amnésique d’une partie de la droite française. Elle fait du Jospin comme, quand en 1995, celui-ci réclamait un droit d’inventaire sur les années Mitterrand !

Mais peut-on le reprocher à l’UMP ?

Oui. Et sur la méthode et sur le moment choisi.

Sur le moment choisi d’abord. Pourquoi l’UMP n’a-t-elle pas exercé ce droit d’inventaire juste après la défaite de Nicolas Sarkozy ? Aujourd’hui, c’est un peu tard, à quelques mois des municipales.

L’UMP aurait beaucoup mieux à faire en donnant des solutions alternatives à la politique des socialistes qui peinent et qui, plutôt que de s’inquiéter de l’état de la France actuelle, s’égarent en réfléchissant à la France d’après-demain.

Sur la méthode ensuite. Car il n’y en a pas. C’est toujours l’anarchie. Certains sont pour un inventaire complet, comme Laurent Wauquiez, d’autres pour un débat raisonnable, sous-entendu purement formel, comme Jean-François Copé, d’autres encore, contre tout inventaire, comme Brice Hortefeux.

En fait, cette histoire d’inventaire a pris forme lorsque Nicolas Sarkozy a remis les pieds au siège de l’UMP, début juillet, après l’invalidation de ses comptes de campagne. Ce retour a été très mal vécu par beaucoup. Pour Fillon, Wauquiez et d’autres, même Copé, qui ne le dira jamais, la page Sarkozy doit être tournée.

Ils veulent jouer chacun leur propre carte.

Donc Sarkozy, c’est fini ?

Certainement pas. Et d’ailleurs personne à l’UMP ne pourra empêcher Sarkozy de se présenter en 2017. Lequel pourrait snober, si bon lui semble, les primaires prévues en 2016.

Ce n’est pas Sarkozy qui est fini. La preuve, le succès de l’appel aux dons pour renflouer le parti s’est fait beaucoup sur son seul nom.

C’est l’UMP qui pourrait un jour explosée.

Si elle est malmenée par le Front national aux municipales et européennes de 2014.

Si elle passe plus de temps à ses guéguerres internes de personnes qu’à parler d’une même voix des réformes nécessaires à notre pays.

Enfin si, un jour, Sarkozy revient. Or ce jour arrivera. Sans doute. L’UMP n’aura alors plus le même visage. Elle se divisera.

Entre ceux qui croient la victoire impossible sans lui. Et ceux qui font le pari qu’avec lui, la défaite est assurée.

L’avenir de l’UMP est en pointillé. Mais c’était le cas du PS après la défaite de 2007, et il a quand même gagné 5 ans plus tard !

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