Après la réunion de samedi… l’équation électorale de la gauche reste un casse-tête !

Pour la plupart des participants, cette réunion a acté une évidence : il y aura deux candidatures de poids (tout est relatif) à gauche… l’unité est impossible. D’un côté JL Mélenchon, de l’autre un (ou une candidate) du pôle écolo- socialiste. L’insoumis Eric Coquerel définit ainsi la situation : ‘il y a la gauche de rupture et la gauche d’accommodement’ (la formule est la bonne si l’on considère ‘rupture’ et ‘accommodement’ comme des mots cliniques et neutres). Benoit Hamon, bien seul, veut croire qu’une candidature unique de toute la gauche est encore possible. En tout cas, ce serait, selon l’ancien candidat, la seule façon d’avoir une chance de se qualifier pour le second tour. Julien Bayou, à la tête d’EELV, lui, considère qu’une candidature écologiste, issue de la primaire écologiste de septembre, pourrait démontrer qu’un écologiste doit porter les couleurs de toute la gauche en 2022. Croit-il vraiment à son rêve ? C’est en tout cas une divergence avec Yannick Jadot qui estime, au fond, que l’alliance avec JL Mélenchon n’est ni souhaitable ni possible. Les écologistes, porteurs de l’idée maitresse de l’époque et instigateurs de cette réunion, auraient dû être les fers de lance de la gauche… ce sont, en réalité les plus divisés. Le socialiste Olivier Faure, patron du PS admet, lui, l’idée qu’à la fin du processus, le candidat de son camp pourrait être un écologiste. C’est à souligner, ce serait une première depuis la création du PS. Olivier Faure, Anne Hidalgo et Yannick Jadot sont donc raccords. C’est déjà pas mal et c’est l’acquis de cette réunion ! Le pôle écolo-socialiste aura un seul candidat : Yannick Hidalgo, appelons-le comme ça pour le moment. La méthode pour le sélectionner (primaire ou pas) n’est pas encore actée. Une chose est sûre, il faudra d’abord un accord de gouvernement. 

Tout ça m’a l’air bien aléatoire… 

Tout ça est bien mal barré effectivement… Chaque participant à la réunion de samedi se dit satisfait, déjà de l’ambiance cordiale. On en est là ! D’autres réunions programmatiques sont prévues ; il y aura les régionales, l’été, et tout ce monde se retrouvera à l’automne pour se souvenir qu’il faut absolument s’unir. A ce moment-là, les Insoumis font le pari que la crise sociale post Covid et l’avance de JL Mélenchon dans les sondages seront telles que le leader Insoumis apparaitra comme le plus rassembleur. Résumons : les mélenchonistes sont organisés, ils ont un programme et un candidat. De l’autre côté, le pôle écolo-socialiste en est juste à constater qu’il existe ! Les deux candidats potentiels de ce pôle sont d’accord pour s’entendre mais ne savent pas encore comment se départager. L’époque semble porteuse des solutions de gauche : l’écologie est plébiscitée, la relance keynésienne est pratiquée partout, Joe Biden donne l’exemple du volontarisme public, le besoin de justice et de solidarité se fait particulièrement ressentir à la faveur de la crise sanitaire… Et pourtant la gauche (pendant qu’elle ne parle que d’elle) semble hors-jeu. Cette réunion décrite par ses participants comme une réussite, juste parce que personne n’a claqué la porte, reste en fait illisible et donc n’offre qu’assez peu de perspectives. 

L'équipe
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.