La France s'apprête à fêter Noël sur fond de romance élyséenne et de pouvoir d'achat en berne. Alors, comme c'est la fin de l'année, les dernières volontés... "Je n'irai pas par 4 chemins. Je suis une femme libre... A l'instar de Nicolas Sarkozy, qui en a fait le titre d'un livre à succès et galope, comme hier en Camargue, les cheveux aux vents. Quoi de plus libre qu'un chef d'Etat monté sur un poney blanc ? A l'instar de Ségolène Royal qui le répète chaque fois qu'elle va sur le plateau d'Arlette Chabot : "Je vais vous dire, Arlette Chabot, je suis une femme libre." A l'instar de Francois Hollande, libre de quitter la direction du PS pour guigner la présidence du conseil général de Corrèze. A l'instar de François Bayrou, libre de toute attache au point de viser la mairie de Pau. Bref, nos quinqua débridés, possibles ou déjà chefs d'états, nous l'ont répété à longueur d'année. Ils sont LIBRES. Et j'en viens à mon propos. Je suis donc libre, moi aussi, de formuler un voeu profond en cette fin d'année : le personnel politique pourrait -il avoir l'amabilité de rayer à jamais de ses discours un certain nombres de phrases, d'expressions qu'on ne peut plus entendre sans être saisi d'effroi, de panique ou d'urticaire... Petit liste non exhaustive... La palme revenant incontestablement à l'inéffable "Travailler plus pour gagner plus". "Ze" phrase de la campagne, celle qui a fait croire aux classes moyennes qu'un jour elles pourraient s'enrichir. Ceci dit, sur le papier, ça marche. Regardez le vote à l'usine de Sarreguemines, hier. 74% des salariés ont voté pour revenir aux 40 heures. Super. Et puis, en écoutant les témoignages, on se rend compte que l'argument électoral de la direction fut assez efficace "si on ne revient pas au 40h, dans 2 ans, on ferme." Et là, tu m'étonnes qu'on ait voté au canon. Si l'opposition pouvait d'ailleurs au passage, éviter de continuer à faire vivre ce slogan en le détournant facon gnangan "travailler plus pour gagner moins" ou "travailler plus pour manger moins", ça nous arrangerait, ça manque de génie créatif, ça fait un peu cour de récré. Il doit bien exister d'autres angles d'attaques. L'oppostion, justement, parlons en. Pour elle "tout se tient." Voilà l'un des gimmick de campagne de Ségolène Royal, et encore, je vous évite "l'intelligence des territoires" et "tirer la France vers le haut ou le bas", au choix. Mais revenons en à ce "Tout se tient", que l'on compte et recompte pour s'endormir. Avant, c'était les moutons, maintenant, c'est "tout se tient" un, deux, 3... en ne sachant plus très bien ce que ça veut dire. Qui tient quoi, comment et pourquoi ???? Ceci dit, la phrase est tellement passée dans les moeurs qu'elle est reprise dans toutes les réunions du PS. "Tout se tient" dit Francois Hollande "Absolument, tout se tient", répond Bertrand Delanoé. Tiens tiens... ça n'était peut-être pas si nul qu'ils voulaient bien le dire. Loin de ces vulgaires expressions indignes d'un grammairien, Francois Bayrou lui, cette année, a voulu faire de la politique... AUTREMENT. Entre ici "politique autrement" et ton cortège de "changer le système, moraliser le système, humaniser le système." Derrière ces mots, on devine le courage d'un homme, empli d'une mission divine, abandonné de tous mais qui continue à gravir sa montagne. Un frisson d'espoir nous saisit. Et puis, on regarde les municipales, les discussions en coin de table entre modem, PS, UMP et tutti quanti et on se dit qu'il n'est pas encore né, le divine enfant, jouez haut bois résonnez musette, qui fera de la politique autrement. Il y a enfin, l'insupportable, l'indigeste, l'urticant "Gagnant-Gagnant". Qui n'a pas récité cette année son "gagnant-gagnant" ? Levez le doigt au fond de la classe ! Nicolas, Ségolène, François, Hollande, Bayrou, Fillon... je fais un lot... Qui ? Ah oui... Arlette ! Finalement, travailleurs, travailleuses. C'était pas si mal. Une chronique de Françoise Degois .

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