C’est Philippe de Villiers qui se « met en quatre » ce matin sur France Inter ; c’est la deuxième campagne présidentielle du président du Mouvement pour la France. Une campagne où il est un peu à la peine. Le plus dur dans une élection, c’est de trouver un créneau. Un créneau dans lequel vous parvenez à respirer entre des concurrents déjà en lice. Et pour Philippe de Villiers, ce n’est pas le plus simple pour cette présidentielle 2007. Certes, ça ne date pas d’hier que le vicomte soit libéral, réactionnaire au plan des valeurs, catholique et souverainiste. Mais se présenter avec ces seules étiquettes, ça ne suffisait pas, ce spectre politique étant déjà "couvert" par le binôme Sarkozy/le Pen. Du coup, pour justifier sa candidature, Philippe de Villiers a choisi d’être le Monsieur Plus de la droite française et de la droite extrême. Le candidat de l’UMP s’ouvre à sa gauche ? "P2V", c’est comme ça qu’on dit sur son blog, donne lui un grand coup de barre à droite. 35 heures, ISF, droit au logement opposable ? Machine arrière. « Moi, dit-il, je suis 100 % anti socialiste, quand Sarkozy ne l’est qu’à 50 % ». Philippe de Villiers ou la droite chimiquement pure : voilà l'argument ! D'autres imaginent la « France d’après », lui veut tout simplement revenir à la "France d’avant" ! Une France qui ressemblerait à la Vendée, puisque son département lui sert d’appât électoral. Pour lui, la France d’avant, c’est celle d’avant l’Europe, d’avant la mondialisation, mais surtout d’avant l’immigration. Quand Jean-Marie Le Pen semble se banaliser et policer son propos, Philippe de Villiers prend la relève. Il multiplie les discours catastrophistes pour dénoncer le "communautarisme islamique qui gangrène la nation", reprend à son compte le slogan "la France tu l’aimes ou tu la quittes", prône "une france francisée". Ordre moral, autorité, famille, patrie, Philippe de Villiers veut retrouver les mannes d’un vieux courant de la droite française, la droite nationaliste. Il en utilise d’ailleurs parfois les vieilles recettes, comme les attaques en règle contre la presse. Les auditeurs de France Inter se souviennent sans doute des menaces proférées par Philippe de Villiers à l’encontre de Pierre Weill, un dimanche matin sur notre antenne. Alors pour l’instant, le créneau plus populiste, plus nationaliste, plus libéral, "plus, plus, plus" ne semble pas franchement porteur. P2V ne dépasse pas 1 %, au mieux 2 % dans les sondages. Ceci dit, s'il ne décollait pas et s'il ne devait pas réunir ses 500 parrainages, Philippe de Villiers pourrait aussi y trouver son compte ; après tout, il connait d'expérience les campagnes qui vous ruinent. En 1995, il avait dû rembourser de sa poche les frais engagés. Il connaît aussi, d'expérience, les ralliements à la droite de gouvernement. Car au final, au plan national, Philippe de Villiers n'a jamais gagné d'autre combat que ceux qu'il a menés contre l'Europe. Car ça, c'est un créneau, mais qui ne suffit pas pour une présidentielle.

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