/ Situation préoccupante en Guadeloupe: Ce n'est plus un conflit social, c'est une vraie crise politique Nous en sommes maintenant à une situation de blocage social et politique, le cahot s’installe et l’on sent l’exécutif en plein désarroi. Hier, l’annonce par Michel Alliot-Marie de l’envoi de quatre escadrons de gendarmerie avant même que le président ne s’exprime dans la soirée, a pu choquer. La réponse sécuritaire avant la réponse politique, le signal n’est pas très heureux. Et quand le président s'exprime hier soir, rien sur la situation en Guadeloupe. Le mot Guadeloupe n'est pas prononcé.Que ce passe t'il au sommet de l'Etat sur ce dossier? Peut être que Nicolas Sarkozy a volontairement séparer les deux dossiers car il sait déjà que sur celui de la Guadeloupe il faudra céder sur les salaires et que ça ne peut pas être le cas dans le reste du pays ou la situation n’est pas comparable…Nous sommes dans une période de flottement…Il manque une voix, une parole au sommet. Le préfet ne suffit plus, c’est le représentant de l’Etat, pas un décideur politique. Les médiateurs nommés par Matignon ne sont symboliquement pas à la hauteur et d'ailleurs le patronat guadeloupéen ne fait toujours aucune proposition sérieuse. Il faut donc un politique: Michèle Alliot-Marie, par exemple, non pas en tant que ministre de l’intérieur mais en tant que ministre des DOM-TOM, les départements et territoires d’outre mer font partis de ses attributions, pour l’instant on ne l’a pas beaucoup entendu sur ce dossier. La situation dévisse depuis le magistral couac entre Yves Jego, le secrétaire d’état aux DOM-TOM et Matignon. Alors aujourd'hui; le président reçoit les élus guadeloupéens. Il va réclamer le retour à l'ordre, c'est naturel et c'est son rôle. Il devrait aussi formuler des propositions pour sortir de la crise. Il ne serait pas étonnant qu’à terme on en revienne, à peu de choses prés, au point ou en été arrivé Yves Jego, le secrétaire d'état précipitamment rapatrié à Paris pour, avoir fait des promesses que Matignon ne soutenaient pas. Si, au bout du compte on y revient (et certains dans la sphère gouvernementale en sont convaincu), à ce moment la il faudra prendre la mesure de l'immense gâchis. A quoi peut aboutir la réunion à l'Elysée Si l'image du flottement illustre l'action du gouvernement depuis le début de cette crise, il y a en même temps une profonde prise de conscience de la nature des racines du mal. Yves Jégo, notamment, il nous l'a un peu dit lundi à ce micro. Il est revenu de Guadeloupe persuadé que les situations de monopole, les situations de rente, la main mise sur l'économie locale de la part de certains békés est la cause de cette distorsion insupportable entre les pouvoirs d'achat en métropole et en Guadeloupe. Le système vicié, hérite de l'ère colonial, de l'époque des comptoirs est, selon le secrétaire d'état, à réformer profondément et sans ménagement. Pour ça il faut s'opposer à de grands groupes comme Total mais aussi à plusieurs familles dont la puissante famille Hayot qui domine le secteur de la distribution et donc les prix. Or il se trouve que le groupe Hayot a longtemps été très généreux avec le RPR, ancêtre de l'UMP et disposent toujours d'influents relais dans la majorité. Yves Jego a fait des propositions, hier à l'Elysée pour réformer le système. Il a rencontré Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée qui a d’ailleurs été préfet en Guadeloupe. Il connait parfaitement la situation. Il faut maintenant savoir si le Président à fait, ces derniers temps le même cheminement intellectuel que son secrétaire d'Etat. Est-il prêt à la fameuse rupture dans ce domaine ? Ce serait une rupture d’autant plus audacieuse qu’elle se ferait au détriment de bien des amis de sa famille politique en Guadeloupe et en Martinique. Nous en aurons une première indication à l'issue de la réunion de ce soir.

L'équipe

Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.