D’après un sondage IFOP pour Paris-Match paru cette semaine, les Français regrettent le franc ! Oui, 69% des Français regrettent le franc… alors si c’était une chronique de Philippe Lefébure ou de Dominique Seux, ou de Bernard Maris (je n’oublie personne ils sont très susceptibles les économistes) ce qui suivrait serait une analyse sur les raisons du désamour des français pour l’euro à l’aune des difficultés du pays et de l’augmentation des prix… mais ce n’est qu’un édito politique, je peux donc extrapoler! Juste au dessus de ce sondage, il y a le traditionnel graphique avec les popularités des politiques. Bon alors outre le petit événement conjoncturel qui est que, globalement les personnalités de la majorité dégringolent on remarque aussi la très bonne tenue du franc par rapport à l’euro, c'est-à-dire des vieux par rapport aux jeunes, à l’exception de Rama Yade, seule jeune femme politique en haut du classement (qui perd tout de même 7 points ce mois ci) hormis cette exception notable, aucune personnalité issue du renouvellement politique de ces dernières années n’arrivent à émerger. Qui sont les personnalités qui dominent ? En tête Dominique Strauss Kahn, notable installé s’il en est, ancien ministre, 61 ans, ce n’est pas cacochyme c’est vrai mais les jeunes, les quadras, Manuel Valls, Benoit Hamont, Arnaud Montebourg, Cécile Duflot stagnent en bout de classement. Après Dominique Strauss Kahn, en tête, il y a dans l’ordre Jacques Chirac, 78 ans, Bertrand Delanoë 60 ans, Jacques Lang et Bernard Kouchner, 71 ans chacun, et oui le temps passe ! Comme si les français, en plébiscitant Jacques Chirac, Jack Lang et le franc semblaient regretter le bon vieux temps. Ça fait plusieurs années que l’on remarque cette mode du rétroviseur, cette amélipoulinisation de l’opinion… le « c’était mieux avant » a toujours existé mais généralement c’était les plus anciens qui nous bassinaient avec les « de mon temps »…là, on a l’impression que la sépia-attitude prend tout le monde. Quand les quadragénaires dinent ensemble, ils se chantent les génériques Albator et Casimir la gorge nouée comme quand nos grands parents chantaient « le temps des cerises » ! et je suis sur que beaucoup de ceux qui nous écoutent ont déjà eu une petite pincée d’émotion en retrouvant dans la doublure d’une vielle veste une pièce de cinquante centime… comme quand on retrouve le premier livre d’image qu’on a su lire ! (Ah !! nostalgie quand tu nous tiens… !) Vous allez nous faire pleurer Thomas !Bon alors revenons à la politique pure : Il y a une vraie nostalgie des trente glorieuses, des années de croissance, des grandes politiques industrielles, des plans quinquennaux, bref des années où le personnel politique avait encore du pouvoir sur les choses, le contrôle des prix, la loi de 48 sur les loyers. Cette nostalgie, paradoxalement c’est peut être aussi ce qui avait fait le succès des deux finalistes à la présidentielle de 2007. Ils s’étaient, tous les deux présentés en promoteurs du retour du volontarisme. Finalement, au regard de cette bouffée de nostalgie, on est en droit de se demander si ce qui a plu aux français, chez le gagnant de cette élection, ce n’était pas surtout le gaulliste, interventionniste à l’ancienne plus que le candidat dynamique qui promettait la rupture (d’ailleurs il faisait souvent référence à 1958, pour évoquer l’ampleur de la rupture promise). La relative impuissance du président, aujourd’hui (comme celle de ses homologues européens d’ailleurs) à mener une politique qui n’ait pas l’air d’être ballotée par les aléas des crises d’un monde globalisé, peut expliquer, en partie, son impopularité actuelle. Ça devrait interpeller tous les futurs candidats à la présidentielle : Comment adapter un discours qui traduise le réel pouvoir, limité, des dirigeants d’un pays européens en 2012 ? C’est une question complexe parce que le fameux discours adéquat, le discours honnête, n’est pas forcement celui qui permettra d’être élu par une France qui voudrait retrouver l’époque du Franc…

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