Les Verts peuvent-ils, et doivent-ils, rester au gouvernement ?

Ne levez pas les yeux au ciel, je sais bien que cela fait 22 mois que François Hollande est à l'Elysée, et 21 mois qu'on se pose régulièrement cette question ! Combien de temps vont-ils tenir, combien de couleuvres vont-ils encore avaler ? Avec le remaniement, et le retour annoncé de Nicolas Sarkozy, on est là dans le top 3 des marronniers préférés de la presse politique…

Alors pourquoi je vous en parle ce matin ? Eh bien parce que cette petite musique du départ des Verts est sans doute en train de changer de nature... Jusqu'ici ce sont les écologistes eux-mêmes qui s'interrogeaient sur leur présence au gouvernement, et qui de temps en temps menaçaient de claquer la porte sur l'air du "retenez-moi François ou je fais un malheur".... la nouveauté, c'est que cette question désormais, des ministres non écologistes la posent ouvertement. Alors pas au point de le dire au micro évidemment, mais lors de rencontres informelles avec la presse.... « Les Verts au gouvernement, c'est la garantie d'une emmerde par mois, minimum » expliquait récemment l'un des poids lourds du gouvernement. Un autre, quelques jours plus tard, estimait que François Hollande devrait prendre les devant, en virant les deux ministres écolo plutôt que de vivre sous la menace permanente de leur départ... Alors ce n'est pas encore un front anti-Vert, il faut être honnête, mais disons que l'étoile de Cécile Duflot, longtemps considérée comme la chouchoute de François Hollande, a un peu pali ces derniers mois à l'Élysée et chez certains de ses collègues.

Pourquoi ce début de fronde, et pourquoi maintenant ?

Ça tient à plusieurs facteurs....

Le plus simple, et le plus ancien, c'est que Cécile Duflot agace pas mal de ses homologues par son franc-parler, ou par ses coups de gueule...

Une autre raison tient au calendrier. Demain, à l'issue d'un tout dernier vote du Sénat, la loi logement qu'elle a portée depuis des mois sera définitivement adoptée. Elle aura en quelque sorte fini le job de la première partie du quinquennat.

Les deux dernières raisons, sont à la fois écologique et éminemment politique. Il y a d'abord les gaz de schiste, ça les Verts n'en veulent pas et ils ont déjà prévenu : si l'Élysée cède aux coups de boutoirs d'Arnaud Montebourg et désormais de Laurent Fabius, et les autorise, la fin du quinquennat se fera sans eux.

Et puis enfin, il y a le gros morceau. La fameuse loi sur la transition énergétique. Qui arrivera après les municipales. Là c'est même de la nitroglycérine. Car parmi les pistes qui ont commencé à fuiter, et que m'a confirmé l'un des responsables du dossier, l'exécutif réfléchit à remplacer certains centrales nucléaires vieillissantes par des EPR, les centrales de nouvelle génération qui donnent des boutons aux écolos. Là encore ce serait une ligne rouge, car on remettrait une pièce dans le nucléaire pour plusieurs décennies.

Alors à l'Élysée, on jure que rien n'est tranché, Cécile Duflot elle, surveille la future loi comme le lait sur le feu mais la question qui est derrière tout cela, c'est déjà 2017... Hollande est-il prêt à couper la branche verte pour relancer l'industrie nucléaire française ? Prendra t-il le risque de voir Cécile Duflot quitter le gouvernement et pourquoi pas se lancer dans la course à l'Elysée dans trois ans ? Avec un danger, celui de l'éparpillement des voix au 1er tour, qui a coûté si cher à Lionel Jospin un 21 avril… La réponse dans quelques mois, vous voyez qu'en attendant le marronnier se porte bien !

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