Par Frédéric Métézeau.

Passion remaniement...

La manie des remaniements… ça bruisse, ça monte, ça gamberge et ça ne va pas s'arrêter : le dernier grand remaniement du quinquennat se profile... Bruno Le Roux l'entrevoit dans les prochaines semaines, l'occasion explique-t-il d'élargir la majorité à 18 mois de la présidentielle, et l'on peut déjà parier sur les éléments de langage : "majorité élargie" donc mais aussi "gouvernement cohérent", "gouvernement de combat" voire "resserré" sauf qu'à regarder la composition des gouvernements depuis 2012, François Hollande a surtout resserré ses majorités...

Mai 2012 : pas d'ouverture vers François Bayrou et les centristes... Avril 2014 : les ministres Verts s'en vont… Août 2014 : Montebourg et Hamon... Aujourd'hui le gouvernement ne compte plus que des socialistes bien dans la ligne ou des radicaux de gauche...

En 2016, les mêmes hypothèses reviennent : promotion de quelques parlementaires chevronnés, retour des écologistes, entrée de frondeurs ou des personnalités de la société civile ? Comme si un petit mécano politique pouvait relancer la machine...

Vous voulez dire qu'un remaniement ne servirait à rien ?

Disons que pour être efficace, un remaniement des personnes ne suffit pas, il faut aussi un remaniement de la politique !

Or, François Hollande qui fixe seul la ligne l'a dit : pas question de changer de politique... Plan anti-chômage hier : il sera plus facile de déroger aux 35 heures et les heures supplémentaires pourront être moins bien payées... Hier toujours, le chef de l'Etat annonce qu'il recevra lui-même les parlementaires pour étudier l'extension de la déchéance de nationalité sans oublier cette future loi anti-terroriste qui marginalise le juge d'instruction au profit des parquets et des préfets... Quel socialiste frondeur, quel élu Europe Ecologie Les Verts, quel centriste libéral pourrait être attiré par de tels projets ?

Si le remaniement permet de faire entrer Jean-Vincent Placé et Jean-Michel Baylet déjà convaincus par la politique actuelle, s'il sert à maintenir Christiane Taubira dans la place pour mieux la contrôler, s'il fait entrer de nouvelles têtes façon Myriam El Komri ou Emmanuel Macron pour faire nouveau et pour faire parler, bref si ce remaniement n'est qu'un casting de copains politiques ou de coqueluches médiatiques, quel intérêt ?

Hormis quelques ajustements ou remplacements de personnes, un remaniement doit porter de vrais choix politiques, une véritable orientation qui ne plaise pas seulement aux appareils mais surtout qui convainque les Français... Un remaniement de personnes, c'est la synthèse improbable entre les mauvais côtés de la cinquième République (un Président qui décide de tout) et les mauvais côtés de la quatrième (des combinaisons partisanes d'arrière-cuisine)... C'est aussi la certitude de nourrir la bête médiatique car l'élaboration d'un remaniement, c'est l'assurance de trois semaines de rumeurs et de spéculations dans la presse, sur les ondes et sur les écrans...

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