C’est fini… enfin ! après 8 soirées électorales (primaires comprises) qui ont installé Emmanuel Macron au pouvoir avec une confortable majorité.

Oui, et pour ce dernier dimanche, on a vécu un rééquilibrage par rapport à une machine électorale, En Marche, partie avec un peu trop d’élan. La logique arithmétique issue du 1er tour, avec ce mode de scrutin injuste, promettait une majorité disproportionnée à l’excès pour La République En Marche !. Le corps électoral (qui n’est donc pas que la somme des électeurs mais qui semble aussi avoir une cohérence collective) a rectifié les équilibres. La position centrale de la majorité –de fait- morcelle l’opposition. Il fallait donc qu’En Marche ! soit ramené à de plus juste proportions, même si la majorité reste encore bien supérieure au vrai poids des idées d’Emmanuel Macron dans le pays. La situation du parti du président est d’ailleurs parfaite pour lui : assez large pour ne pas avoir besoin du MODEM, pas pléthorique non plus, donc mieux contrôlable. Le corps électoral fait ce qu’il peu avec ce de mode de scrutin déformant. Il a été cohérent, il donne de quoi gouverner au président qu’il s’est choisi et dans les derniers jours, se reprend un peu pour préserver quand même l’opposition.

L’opposition, finalement ne sera pas atone…

Non d’autant que des voix fortes seront présentes : Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, ou François Ruffin ! Les débats vont être animés… c’est bien que les tribuns soient dans l’hémicycle, ce n’était plus le cas depuis longtemps. L’opposition, de droite et de gauche, aura aussi, de chaque côté, assez de députés pour pouvoir porter les lois devant le conseil constitutionnel. C’est important et dans les projections de dimanche dernier, ce n’était pas évident. La France Insoumise peut former un groupe parlementaire –donc sera mieux représenté dans les commissions- et au vu du score de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, ça aurait été un déni de démocratie si cela n’avait pas été possible. C’est ce que subit le FN. C’est problématique. Les Républicains évite la déroute totale, et apparaît comme la seule force en mesure d’incarner une alternative. Il faudra quand même voir dans quelles proportions la droite se divise entre les opposants résolus et les constructifs pro Macron.

Le PS avec ses quelque 50 députés est atomisé…

Et encore, il est bien payé par rapport à La France Insoumise qui a plus d’électeurs et moins d’élus. Enfin, grâce à la loi sur le non cumul, grâce aussi à En Marche ! et La France Insoumise qui ont investi en masse des nouvelles têtes, l’Assemblée voit sa population de parlementaire bien renouvelée. En Marche ! fait entrer des profits nouveaux dans l’hémicycle mais, point noir, ne favorise pas la diversité sociologique en sur représentant la partie la plus aisée de la population. L’abstention met en cause, dans l’ordre, le mode de scrutin, les partis d’opposition (qui ont moins mobilisé) et le vainqueur, qui obtient le pouvoir sur une faible base populaire. Mais à l’issu de ce long (trop long) processus, la majorité est bien légitime et elle est en place… En Marche ! Il reste quand même à savoir vers quoi ? Vers où ? Parce que si cette séquence électorale a permis aux Français de renouveler leur personnel politique et tordre le cou au pessimisme ambiant, le macronisme reste largement à définir. Tout commence.

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