C’est la dernière fois au cours de cette pré-campagne présidentielle, qu’un invité se met en 4 sur France Inter. Et c’est Dominique Voynet, la candidate des Verts à l'élection présidentielle, qui clôt ce matin cette série de rendez-vous. Et Dominique Voynet a gagné ! Oui, ce soir, lorsque le président du conseil constitutionnel énumèrera la liste des candidats officiels, elle sera la seule survivante du jeu écologiste. Tous les autres ont jeté l’éponge. OUF… doit-elle se dire, car c’était pas gagné, vu la concurrence au départ, et les consignes drastiques du PS pour tenter d’empêcher la multiplicité des candidatures à gauche. Et maintenant ? Et bien maintenant, ce n’est toujours pas gagné. Car pour l’instant, Dominique Voynet fait une campagne à 1%. 1%, c’est en moyenne ce que les sondages lui accordent en terme d’intentions de vote. Mais pourquoi à l’heure où les Etats-Unis célèbrent Al Gore comme le messie, pourquoi Dominique Voynet est-elle à 1% ? Pourquoi, quand chaque jour de cet hiver, un petit peu moins ce matin, nous nous sommes dit « c’est pas normal » qu’il fasse encore 15°, en s'inquiétant des causes du réchauffement climatique, pourquoi la candidate verte est-elle à 1% ? Pourquoi, alors que Nicolas Hulot était applaudi à l'automne, pourquoi Dominique Voynet est-elle à 1% cet hiver? Equation personnelle ? Non, ce n’est pas sa personne que les Français récusent. Un sondage BVA il y a un mois affirmait que c’était elle, qui était la plus crédible pour défendre l’écologie. Alors ? et bien, elle est tout simplement victime d’une série de forces centrifuges qui semblent obstinément la sortir du jeu Hulot d’abord ! Quand il était là, l’animateur télé lui pompait tout son oxygène. Il se retire fin janvier. Effet nul pour Dominique Voynet. Nicolas Hulot nous a fait plus de mal que de bien affirme un Vert aujourd’hui. Il a mis l’écologie sur le plan moral ; nous échouons à la faire redescendre sur le terrain politique. Bayrou ensuite, dont elle est aussi une victime collatérale ! L’appel au vote utile lancé par le PS ne visait jusque là qu’à se prémunir de Jean-Marie Le pen. Maintenant que le candidat centriste s’envole, certains ne se gênent pas pour carrément conseiller à Voynet de se retirer : vous êtes un risque pour la gauche lui dit une internaute sur son blog. Et puis il y a bien sûr ce que l’on sait déjà, la décrédibilisation de l’image des verts au niveau national, le brouillage de la candidature Bové, peut être aussi les contradictions des français, qui comprennent que la maison brûle, mais qui eux aussi ont envie de regarder ailleurs quand on leur parle de nouvelle taxe écolo. Alors ? Et bien il reste 5 semaines à Dominique Voynet pour convaincre les électeurs que l'écologie politique, c'est autre chose que se brosser les dents sans faire couler l'eau du robinet. Pour expliquer qu'être écolo, c'est pas seulement sonner l'alerte de la menace qui pèse sur nous, mais c'est y apporter des réponses. Pour peser aussi au sein d'une éventuelle future majorité de gauche. 5 semaines pour faire la "révolution écologique"- son slogan de campagne. 5 semaines pour une révolution, c'est court.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.