Vous revenez ce matin sur le contrat « historique » d’Airbus. Contrat signé à l’Elysée !

C’est bien, vous dites « historique » c’est le mot martelé hier par l’Elysée… C’est le mot, visiblement que François Hollande veut que l’on prononce pour qualifier ce contrat. (Soyons juste, chers auditeurs, c’est moi qui ai écrit le lancement de Patrick pour lui faire dire « historique », ça m’arrange ). Cela dit, c’est vrai que ce contrat est « historique » par son ampleur… c’est une très bonne nouvelle… ne mégotons pas. Et puis, il peut arriver à Barack Obama de faire la même chose à la Maison blanche pour Boeing. Bien sûr, nous dit-on, un accord de partenariat industriel existe entre la France et l’Indonésie. Voilà qui met l’Etat officiellement dans le coup… mais des partenariats industriels, on doit en avoir avec la moitié de la planète. Et puis l’Etat est au capital d’EADS à hauteur de 12%, tout comme l’Etat Allemand et 4% pour l’Espagne. De tels contrats ont aussi une portée politique et diplomatique… mais ça n’explique pas pourquoi ce qui n’est, après tout, qu’un accord commercial privé, est signé à l’Elysée ! A la limite ça aurait pu être dans un cadre officiel européen pour souligner l’apport de la coopération européenne… On n’a pas encore trouvé de mot pour traduire Cocorico pour l’Europe !

C’est donc de la récupération politique ?

On ne dit pas « récupération », on dit « communication » (chers auditeurs, c’est aussi moi qui écris les relances de Patrick, comme ça m’arrange. ) Mais c’est effectivement un tirage de couverture caractérisé. Il ne s’agit pas simplement de tenter de s’attribuer une partie des bénéfices d’une telle bonne nouvelle, il faut aussi montrer que l’Etat peut ! Qu’en matière industrielle, les gouvernants ne sont pas simplement des pompiers retardataires qui promettent d’éteindre le feu devant un tas de cendres déjà presque froid. François Hollande a affiché pendant toute sa campagne l’ambition d’œuvrer pour la réindustrialisation de la France. Arnaud Montebourg va même jusqu’à dire « nous rebâtissons comme à l’époque des grands plans pompidoliens ». Airbus n’a rien à voir là dedans bien sûr, mais en organisant cette cérémonie de signature, sous les ors officiels, le Président met en scène le nouveau volontarisme. Il y a aussi de la gonflette personnelle, d’inspiration sarkozienne… on n’est plus dans la présidence modeste, même si dans les mots, à part « historique », François Hollande a pris soin de ne pas en faire des tonnes : il n’a pas dit, comme aurait pu le dire son prédécesseur, qu’il avait « mouillé sa chemise ou fait le job ». Mais finalement, le résultat est à peu près le même… Donc au-delà du coup de pub que tout le monde a bien compris, cet épisode nous rappelle que nous somme au pays de Colbert. La politique, l’Etat et l’industrie doivent être liés. Et on doit le montrer ! Même au-delà de la réalité. Mais c’est à double tranchant parce qu’à se glorifier des rares succès pour lesquels le pouvoir n’est qu’indirectement impliqué, ce pouvoir risque de se faire reprocher, encore plus, les échecs (le chômage) pour lesquels il sera vraiment tenu responsable !

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