le parti socialiste divisé à la rochelle
le parti socialiste divisé à la rochelle © reuters
**Dimanche prochain, premier tour des élections municipales et jusqu'à vendredi vous explorez les enjeux pour les différentes formations politiques. Ce matin le PS** Avec cette question : Berezina ou défaite honorable ? Tout dépend de ce qui se trouve dans ce que les spécialistes de la carte électorale socialiste appellent : « la fenêtre aveugle », ce que l’on ne peut pas déceler, ce que les sondages ne disent pas, ce que le « ressenti de terrain » des candidats ne traduit pas : la mobilisation. Les candidats socialistes et leurs militants qui font du porte-à-porte ont une impression bizarre. Alors que le Président de la République est au fond du gouffre de l’impopularité, ils disent ne pas ressentir d’acrimonie particulière mais plutôt une distance inquiétant. Un élu local PS explique que pendant la campagne des législatives de 1993, à la veille de la monumentale défaite des socialistes, ils se faisaient carrément insulter sur les marchés par des électeurs qui se sentaient trahis, la déroute à venir se voyait à l’œil nu. Là, rien de tel mais plutôt une indifférence plus ou moins polie ou désolée, une fatigue, une sorte « d’aquoibonisme » électorale, comme une grande lassitude. La question est donc simple : l’électeur de gauche va-t-il se mobiliser ? Les sondages, ville par ville ne sont pas si catastrophiques, mais ils mesurent mal l’abstention. L’électeur de gauche va-t-il rester chez lui pour dire ce qu’il pense du gouvernement ? Si oui, c’est la bérézina qui se profile. Va-t-il, dans une forme de replis sur les questions de proximité, plutôt s’intéresser aux enjeux locaux ? Et là, la prime au sortant aura pour conséquence une défaite limitée puisque les maires, élus du concret, bénéficient d’une cote d’amour importante auprés de la population. **Que veut dire, en terme de perte pour le PS une Bérézina ou une défaite honorable ?** Pour le comprendre il faut retenir quelques chiffres; Sur les 36.000 communes, 2000 à peine (les plus importantes) ont vraiment une étiquète politique claire. Il y a 971 villes de plus de 10.000 habitants, 54% d’entre elles sont à gauche. Normalement, la majorité en place au niveau national perd plus de villes qu’elle n’en gagne sur ces 971 villes, si le PS en perd moins de 30, il pourra s’estimer heureux. Mais bien sûr, c’est sur les résultats dans les villes de plus de 100.000 habitants, plus spectaculaires, que l’on s’attardera surtout au soir du second tour. Il y a 41 villes de plus de 100.000. Et 70% d’entre elles sont à gauche. Le PS craint de perdre Amiens, Reims, Metz. Plus grave serait la défaite à Toulouse ou à Strasbourg qui ne masquerait pas les bonnes surprises que les socialistes attendent à Nancy ou Avignon. Mais si Paris est sauvé et si Marseille est gagné par les socialistes, comme le suggère les sondages dans l’arrondissement clef de la cité phocéenne, la défaite serait amoindrie et médiatiquement diluée. La défaite socialiste pourrait également être amortie de façon moins glorieuse : par la multiplication des triangulaires avec l’UMP et le FN. En ce moment, quand ont parle des municipales avec les responsables socialistes, ils se raccrochent à beaucoup de « si » pour envisager un atterrissage moins brutal que prévu le 30 mars. Mais attention aux illusions d’optiques et aux impressions de calme. Il en est en politique, comme en amour : l’indifférence est plus dévastatrice que la colère.
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