L’appel de Benoit Hamon à JL Mélenchon pour une unité à gauche contre la réforme SNCF !

Oui, Benoit Hamon interpelle JL Mélenchon, pour lui demander de ne plus faire cavalier seul! Qui manifestera avec qui ? Verra-t-on, comme au bon vieux temps, bras dessus, tous les leaders de la gauche derrière une banderole ? Olivier Besancenot avait lancé, la semaine dernière, un appel dans ce sens… Un Front avec le NPA donc, le PC de Pierre Laurent, Génération.s, l’organisation de Benoit Hamon, les écologistes et (mais il n’a pas répondu personnellement) JL. Mélenchon. Benoit Hamon estime que le député de Marseille, fort de son succès à la présidentielle, serait tenté par une démarche solitaire. En réalité, c’est plus subtil : les partis qui composent LFI (le PG, le Parti de Gauche d’Eric Coquerel ou Ensemble! de Clémentine Autain) ont accepté  l’idée de Besancenot, les députés de LFI, aussi, disent qu’il faut défiler de concert… mais JL Mélenchon se place au-dessus et se plait toujours à dénoncer ce qu’il voit comme de petits arrangements d’étiquettes et de chapelles de la gauche… 

Ça fait vraiment cuisine d’appareil !

Oui, parce qu’en ce moment se joue la recomposition de la gauche… LFI, puissante après la présidentielle, veut s’installer (et en a les moyens) comme la force centrale, centripète de la gauche, en lieu et place du PS défait. Dans ce tableau, Benoit Hamon s’attaque au nouveau géant de la gauche, JL Mélenchon. Et comment s’attaque-t-on à l’intérieur de la gauche ? Toujours de la même façon : en s’accusant de la tuer. C’est comme ça que LFI a supplanté (pour l’instant du moins) le PS ! Aujourd’hui Benoit Hamon explique qu’à l’instar de Marine Le Pen et d’Emmanuel Macron, JL Mélenchon est sur le point d’abandonner le clivage gauche/droite. En assumant une forme de populisme social (théorisée par la philosophe Chantal Mouffe), JL Mélenchon ne s’inscrirait plus dans la sphère de gauche, comme le dit avec beaucoup de liberté son ancienne porte-parole, Raquel Garrido, qui explique que le mot «gauche» est démonétisé et qu’il n’y a plus de raison d’en être ! Au clivage droite/gauche, Le Pen substitue celui de nationaux/mondialistes, Macron, progressistes contre conservateurs, Mélenchon opposerait peuple et caste ou  son social-souverainisme contre le libre-échangisme du président. En tentant d’instaurer ce débat et cette question de savoir si Melenchon est toujours de gauche, Benoit Hamon voudrait attiser le trouble que le populisme assumé du leader de LFI provoque chez une partie des électeurs de gauche. Le souverainisme de JL Mélenchon, ses diatribes complotistes sur le «parti médiatique», le thème des réfugiés qui ne semble pas prioritaire, ses positions sur la Syrie, peuvent attirer à LFI des abstentionnistes ou frontistes qui seraient selon l’expression «fâchés mais pas fachos»… Et, à l’inverse, le populisme mélenchonien pourrait troubler (c’est du moins ce qu’espère Benoit Hamon) un certain nombre d’électeurs de gauche plus classiques. Vous voyez, derrière cette question simple : comment, à gauche, mobiliser contre la réforme de la SCNF ? Il se passe pas mal de choses… bien éloignées du sujet de l’avenir du train en France.

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