Et donc, confinement, acte 3… Avec un mot clé : ‘l’acceptabilité’

Une autre formule, la fermeté aérée, qui tient compte de l’expérience des deux précédentes et de l’épuisement au bout d’un an. Le premier confinement était à la fois autoritaire et largement approuvé. Le second, pourtant plus light, était moins approuvé mais encore compris… l’enjeu pour celui-ci c’est qu’il soit simplement respecté. Dans ce genre de situation, n’importe quelle décision sera soumise à une vague de critiques. Il sera souligné des incohérences contradictoires… pourquoi tant de dérogations, pourquoi tant de fermeté, pourquoi pas partout, pourquoi si tard ? On entend, depuis hier soir, des médecins, soumis à la pression hospitalière, expliquer, c’est bien naturel, que ces mesures ne sont pas assez fortes. C’est un avis respectable et scientifiquement fondé mais sans l’acceptabilité, notion politique qui ne se mesure pas scientifiquement, aucun confinement ne peut marcher, à moins de sombrer, pour le coup, dans une vraie dictature sanitaire. L’un des éléments les plus importants pour que ces mesures soient acceptées c’est que cette fois-ci, il y ait une certitude d’issue de la crise. Seul le vaccin peut offrir cette perspective. L’acceptabilité, dans les semaines qui viennent, dépendra beaucoup du succès de la campagne de vaccination, de son rythme, donc de la bonne fourniture des doses…  

Les oppositions sont unanimes pour condamner le gouvernement ; 

Et c’est là que l’on mesure la fragilité de l’acceptabilité. L’exécutif est balloté par les évènements, à la merci des variants et des fournisseurs étrangers de vaccins que l’on n’a pas su produire. Les oppositions sont toutes d’une incroyable virulence. On a d’ailleurs le sentiment que si le gouvernement avait pris des mesures opposées, les critiques aurait été les mêmes. Dans cette situation, tout est réversible. Il faut dire que notre pays, en plus d’être entravé, est profondément blessé dans son orgueil. Nous sommes censés être le pays du soin, un modèle social performant et juste. Mais d’un point de vue sanitaire (sinon social), nous ne faisons pas mieux que les autres et notre industrie pharmaceutique s’est ridiculisée. La crise existentielle française était déjà profonde, elle est ravivée par ce sentiment d’échec dans un des rares domaines où l’on se croyait encore parmi les meilleurs. Sombre tableau qui dit la difficulté de rendre les décisions acceptables, donc efficaces. Ce confinement troisième façon a tout pour réussir et tout pour rater. Tout pour réussir, l’accompagnement économique, le maintien scolaire sont toujours de mise, il est territorialisé donc proportionné, il comporte des soupapes, judicieuses (pouvoir sortir sans limitation de temps). Tout pour rater : il n’est pas général, il est mité par tant d’exceptions et (nous laisse-t-on entendre en haut lieu) bientôt –comme les librairies- les coiffeurs et les fleuristes pourront ouvrir. Vous voyez, même le commentaire est réversible. En réalité, si ce confinement réussit ou rate, ça n’aura que très peu de rapport avec le détail des mesures annoncées mais sera dû à l’attitude individuelle de chacun d’entre nous. Voilà pourquoi cette notion d’acceptabilité est le cœur du sujet. 

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