Ce matin , le référendum organisé ce week-end par le PS...

C’est un échec. Au-delà des doutes que l’on peut avoir sur la sincérité du scrutin, on a beaucoup de mal à apprécier la participation ou le résultat du vote, tant cet évènement parait être un non-sens. Un non-sens parce que la question soumise aux électeurs de gauche n’était pas digne d’être posée. Organiser un scrutin populaire, même pour une partie seulement de la population, suppose que la réponse soit performative. C'est-à-dire que la réponse soit, en elle-même un fait politique, que la donne soit changée par ce résultat. Parce que quand on consulte tout ou partie de la population, on crée une forme de légitimité. Là, cette légitimité obtenue sera inutile. Il s’agit de savoir vivre démocratique de base : On ne dérange pas l’électeur (même quand c’est un sympathisant) pour une réponse qui n’aboutit à rien, pour trancher une question, de toute évidence politicienne, une question de conflit entre des appareils. Ce n’est pas parce qu’une majorité de votant s’est déclarée pour l’union et non pour la division que l’union sera faite. Si le résultat avait été différent, ça n’aurait rien changé non plus. Ce simple fait : l’absence d’impact de ce vote sur le déroulement des régionales à gauche, enlève toute raison d’être à cette consultation.

Mais se prononcer pour l’union c’est un message politique ! C’est pour prouver que les sympathisants sont trahis par les appareils qui se déchirent ? Sauf que la question de savoir si l’union est mieux que la division revient à proposer de se prononcer pour la vertu, contre le vice, la méchanceté ou la gentillesse. C’est absurde et manipulatoire. La vraie question serait, pourquoi pas, sur le contenu de l’union ou de la division. L’union peut aussi s’appeler l’enrégimentement, la désunion peut aussi s’appeler la diversité… Parce qu’après-tout, les régionales sont des élections à deux tours et il n’est pas dit qu’en toutes circonstance et sur le territoire les écologistes ou le Front de Gauche soient obligés de se fondre dans un grand magma à cause de la menace FN. La vérité, l’honnêteté politique c’est bien de constater qu’en ce moment à gauche il existe une division idéologique inédite. La ligne politique du PS importe peu c’est celle suivie par le gouvernement, et la petite musique qui en émane qui compte. Cette petite musique, Macrono-valssienne, est d’essence social-libérale. Elle n’est, à l’évidence, pas compatible (en ce moment du moins) avec les autres composantes de la gauche. D’ailleurs, aujourd’hui la conférence sociale sans la CGT, marque plus la vérité de l’état des relations des gauches en France que le résultat de ce référendum. La convergence n’est donc pas idéologique… Devrait-elle pour autant être électorale ? …contre la droite et l’extrême droite ? L’union « pour » un contenu politique aurait pu, éventuellement donner lieu à un référendum au sein de ce que l’on appelle le « peuple de gauche ». L’union « contre » obligatoire : eh bien il y a le deuxième tour des régionales pour ça ! Le PS, avec son référendum déclamatoire et sans conséquence, court le risque de l’inutilité, et en politique, l’inutilité est un risque vital.

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