Gérard Collomb, retour à Lyon...

Alors j’avais pris une bonne résolution en cette rentrée : ne plus utiliser les termes « jupitérien », « ancien et nouveau monde », ces poncifs du commentaire politique de l’ère Macron. Des mots qui viennent de la vulgate macronienne qui, à force d’être utilisés, sur-utilisés (je l’ai beaucoup fait), déclenchent une pensée-réflexe, favorise l’appauvrissement idéologique et conceptuel du débat et de l’analyse politique... On s’aperçoit que l’acception première de ces mots –qui avaient leur pertinence- s’est comme évaporée, en même temps que le macronisme est rentré dans le rang de la politique habituelle, telle qu’elle se pratique depuis des décennies. On sait maintenant qu’il ne peut pas y avoir de nouveau monde s’il n’y a pas non pas seulement de nouvelles têtes mais surtout de nouvelles solutions politiques et économiques. Or, l’un des faits marquant de cette rentrée, c’est la banalisation spectaculaire du macronisme, dans les idées et dans les pratiques du pouvoir. Le jupiterisme n’est plus rien d’autre que le retour à une centralisation, une verticalité inscrite dans la 5ème  République, par exemple  via l’élection présidentielle, son mode de scrutin qui personnalise, « bonapartise » tous les présidents. 

Ce n’était pas une chronique sur Gérard Collomb et son souhait de retourner à Lyon ?

Si, nous y voilà ! On ne peut plus utiliser « ancien et nouveau monde » donc parce que tout se banalise. Nicolas Hulot, c’était une originalité macronienne, écolo ni droite ni gauche mais résolu, ministre d’Etat aux compétences transversales. Il s’est cogné à toutes les vieilles pratiques et logiques technocratiques et productivistes. Gérard Collomb, donc, c’était un autre aspect du macronisme, maire pragmatique qui, dans sa ville, avait su dépasser le clivage gauche/droite... Finalement, il s’avère que c’est un notable comme un autre, longtemps, très longtemps, cumulard boulimique, épais-cumulard, il s’est fait remplacer à la mairie de Lyon par un homme de paille qui dit lui-même qu’il est prêt à lui rendre son fauteuil à la demande. Rappelons que Gérard Collomb est élu depuis 41 ans, 1977, l’année de la naissance d’Emmanuel Macron ! 6 ans député, 16 ans maire, 17 ans sénateur, 13 ans président du Grand Lyon, 2 ans président de Lyon-Métropole, 7 ans conseillé régional, et même 5 ans conseiller économique et social. C’est un tyrannosaure ! On en fait plus des comme ça ! 9ème plus cumulard de France, il s’est opposé ou abstenu à chaque fois qu’une loi visant à limiter le cumul lui a été soumise. S’il est pourtant un domaine où Emmanuel Macron tient ses promesses, c’est bien dans le renouvèlement des visages... L’élection à la tête du groupe EM de Gilles Legendre, député (pas jeune mais novice en politique et déjà très respecté sur tous les bancs), en est la dernière illustration. Gérard Collomb, lui, est le parfait contre-exemple... de retour dans sa baronnie pour un autre mandat de maire, à l’issue duquel (s’il est élu), il aura 78 ans… voilà bien l’évènement emblématique (avec la démission de Nicolas Hulot) du phénomène politique de cette rentrée : la normalisation du macronisme ! 

L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.