La Cours des comptes relance le débat sur la taxe carbone.

Et en ce moment, vu le contexte social électrique et la crainte du gouvernement de réveiller les gilets jaunes qui n’ont l’air de dormir que d’un œil, un débat sur la taxe carbone, semble aussi opportun que de relancer l’idée de rouvrir les maisons closes…Mais… il faudra bien s’y coller parce que la fiscalité écologique est levier le plus efficace pour donner du corps à la transition tant proclamée ! C’est ce que rappelle en termes beaucoup plus savant et technocratique la Cours des comptes. Seulement il ne faut plus s’y prendre comme avant. C’est-à-dire faire d’une fiscalité transformatrice, une occasion de renflouer les caisses de l’Etat. Il ne s’agit plus non plus d’en faire (même involontairement) une machine à redistribution inversée, c’est-à-dire qui défavorise les plus fragiles. La taxe carbone, à l’évolution accélérée, uniquement pour les véhicules particuliers, pesait d’abord sur une population piégée par l’utilisation de sa voiture, notamment en zones périurbaines et rurale. Tout est arrêté, donc, mais heureusement pas la réflexion sur la façon de relancer le processus de taxation du C02. Et cette réflexion doit ramener le gouvernement à considérer cette fiscalité spécifique pour ce qu’elle devrait être…

Et que devrait-elle être ?

Un signal prix écologique qui doit réorganiser l’offre et la demande. Il ne s’agit pas juste d’inciter les consommateurs à choisir des produits moins carbonés mais aussi –surtout !- de convaincre les industriels que leur intérêt est d’investir dans une production propre et les énergies renouvelables. Le thing tank Terra Nova fait des propositions en ce sens. D’abord il faudrait en finir avec les niches fiscales énergétiques, dans le BTP, l’agriculture, le transport aérien ou maritime. Ce sont certes des crispations en perspectives mais, comme la musculation… si ça ne fait pas un peu mal pendant l’effort c’est que c’est inefficace… avant bien sur une réorientation profitable à tous ! Il faut aussi, selon tous ceux qui se penchent sur le sujet, que ce qui est perçu au titre de la taxation carbone soit reversé pour partie en aide de financement vertueux pour l’environnement (isolation, véhicule propre) pour les agriculteurs, entreprises du BTP ou les particuliers coincés dans un environnement impraticable sans voiture. On comprend alors que la taxe carbone ne peut rien rapporter à l’Etat et (si elle ne coute rien non plus) a pour seul but de remodeler notre façon de produire et de consommer. Toutes ces recommandations qui fleurissent en ce moment ne sont pas des scoops. Et la question la plus complexe n’est pas d’en établir la liste mais bien de les faire accepter. Parce que si, au total, elles devraient être bénéfiques pour tous (si les compensations sont bien faites) la période de transition sera forcément anxiogène. Et c’est là que la Conférence citoyenne de français tirés au sort pourrait aider si elle accouchait de propositions audacieuses. Le gouvernement ne peut pas répéter à l’envie qu’il prend à bras le corps la question environnementale et ne pas réenclencher, d’une façon ou d’une autre, un profond verdissement de sa fiscalité.

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