Jean-Christophe Cambadélis dénonce un consensus médiatico-politique contre François Hollande.

La fameuse victimisation complotiste ! La presse constate que les taux de popularité de François Hollande sont catastrophiques, la presse, comme d’ailleurs la plupart des français, trouve, dans son ensemble, que François Hollande est en train de rater son mandat. Mais il suffit d’avoir quelques repas de famille, d’aller à la cantine de son boulot, de faire le marché, d’aller chercher ses enfants à l’école, d’aller prendre un café au bistrot du coin, bref, de vivre la vie de tous les jours, pour s’apercevoir que les Français ne veulent plus, dans leur grande majorité, de François Hollande, ni de Nicolas Sarkozy. C’est flagrant et massif. Et c’est d’ailleurs, pour le président peut-être réversible, pourquoi pas dans quelques mois, après une inversion de la courbe du chômage et un Euro de Foot remporté 5-0 contre l’Allemagne ! Mais en attendant, la presse, n’est qu’une loupe, parfois grossissante, c’est vrai, mais toujours à la traîne de l’opinion plutôt qu’à son avant-garde. C’est étonnant comme tous les partis estiment que leur malheur vient de la façon dont on parle d’eux, plutôt que de leur action, et surtout, plutôt que de la différence flagrante entre ce qu’ils disent et ce qu’ils font. Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon font profession de transformer leur relation avec la presse en affrontement. On en a l’habitude, il s’agit de leur caractère mais aussi d’une stratégie classique. Ça correspond à une forme de combat contre l’idéologie dominante, compréhensible de la part de partis qui proposent des changements radicaux.

Mais la victimisation politique se généralise.

Oui, Nicolas Sarkozy, ancien président du « système » se présente même en rebelle « antisystème »… contre la presse qui lui veut du mal quand elle évoque les multiples affaires qui l’accablent. Et maintenant donc, le PS s’y met. Le PS mais pas François Hollande. Et c’est à noter parce que c’est assez rare. Le Président a, vis à vis des critiques très virulentes qui lui sont adressées, et même des caricatures les plus féroces, une attitude impassible. On ne l’entend jamais (ni en « on », ni en « off ») s’exaspérer contre une presse ingrate ou hostile. Il est sévèrement jugé en raison de son absence de résultat et parce qu’il mène une politique en décalage avec ce qu’il avait laissé entendre pour se faire élire. Pourtant il semble prendre cette avalanche qui s’abat sur lui avec une étonnante placidité, une bonhomie magnanime et solide. C’est assez rare pour être souligné. C’est aussi en complet contraste avec l’attitude acrimonieuse de son prédécesseur, connivent avec les patrons de presse, et qui semblait attendre, en retour, une bienveillance qui lui serait due. François Hollande, lui, estime certainement qu’il n’est pas jugé à sa juste valeur mais il encaisse, prend sur lui, ne montre aucune aigreur. Il lui est reproché assez de choses pour lui reconnaître au moins cet esprit très démocratique et ouvert envers la presse. C’est un des rares aspects positif (certes secondaire) de son bilan… JC.Cambadelis risquerait de le ruiner s’il persistait dans cette diatribe déplacée et bêtement conspirationniste contre les médias.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.