Et la nouvelle question à la mode dans le monde politique depuis quelques jours : Nicolas Hulot va-t-il se présenter à la présidentielle? Ça le taraude, nous a confirmé son ami Jean-Paul Besset vendredi à ce micro. Donc il en a très envie. Nicolas Hulot avait inventé, en 2007 une forme qui semblait assez efficace de lobbying pour la cause de l’environnement en faisant signer son pacte écologique aux candidats monnayant ainsi sa « non-candidature ». Il ne pourra pas rééditer l’opération. Nicolas Hulot a pu mesurer ce que valait la signature d’un candidat à la présidentielle. Le Grenelle de l’environnement se vide de sa substance. Sarkozy a déçu Hulot. Le grand Ministère de l’écologie à fondu avec le retour du RPR et l’abandon de la taxe carbone a constitué une cassure. Ségolène Royal, signataire du pacte a aussi combattue la taxe carbone ce qui a achevé de convaincre Nicolas Hulot qu’en politique il fallait mieux faire les choses soi-même. Il a réfléchi et maintenant il hésite. Il hésite, parce qu’être candidat c’est changer de vie, c’est mettre sa fondation et ses employés en sommeil, c’est surtout entrer dans une lutte et accepter d’être critiqué, user sa popularité. Aura-t-il la force pour ça ? Nicolas Hulot refuse toujours de se considérer de droite ou de gauche mais s’il se présente ce sera avec Europe Ecologie- Les Verts qui est une structure clairement à gauche et engagée dans l’opposition. S’il se présente c’est en assumant vouloir favoriser l’alternance au sarkozysme. S’il se présente c’est aussi en étant sur de deux choses. 1/ Que Jean-Louis Borloo, qu’il apprécie et voit souvent, ne soit pas lui-même candidat. 2/ qu’Eva Joly soit d’accord pour lui laisser sa place. Et sur cette question les choses avancent… Oui, comme prévu Nicolas Hulot et Eva Joly ont dîné ensemble, en tête à tête vendredi dans un restaurant parisien. Ils ne se connaissaient pas. Ils se sont appréciés. C’est ce que m’on confiés des proches de chacun d’eux. Ils ont décidé, en quelques sortes de nous faire le coup de Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry. Ils s’entendront pour savoir lequel ira selon la situation politique. Eva Joly, dont la candidature reste solide est, pour l’instant en piste, mais une décision sera prise (entre eux donc) dans les 3 prochains mois. De toute façon il faut que ce soit avant avril 2011 parce qu’un an avant l’élection toutes les opérations de promotion doivent être intégrées dans les comptes de campagne. Le fonctionnement de la fondation Hulot serait incompatible avec le financement d’une campagne. Les dirigeants d’Europe Ecologie-les Verts se montrent plutôt bienveillants envers une éventuelle candidature Hulot même si elle atténuerait un peu leur affichage à gauche. Finalement ce qui les intéresse, c’est de pouvoir négocier un groupe parlementaire avec le PS, ce que Nicolas Hulot veut aussi favoriser. Une candidature Hulot pourrait avoir d’autre répercutions sur l’ensemble de la géographie politique de la présidentielle. Exemple : au premier tour, et s’il n’est pas candidat, Jean-Louis Borloo pourrait soutenir Hulot lequel, rappelons le, se serait engagé dans une opération d’alternative au sarkozysme avec appel à voter pour la gauche au second tour en vertu de l’accord électoral des écologistes pour les législatives. Tous ça, pour l’instant peut ressembler à de la politique fiction, j’en conviens, mais ça montre surtout que 2012 n’est pas écrit et que le largage de Borloo par Sarkozy pourrait s’avérer avoir des conséquences plus importantes qu’on ne l’imaginait.

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