Une année s’achève et rien ne change vraiment pour Nicolas Sarkozy…

Pas de sondage miracle dans la hotte du père Noël, le dernier baromètre IFOP JDD le donne à 34% de bonnes opinions. Les commentateurs fatigués que nous sommes résument la chose de manière, lapidaire, en un mot : « stable ».

Stable ? Qu’est-ce que ça veut dire ?

Qu’il ne se passe pas grand-chose pour lui, en bien ou en mal, alors que l’élection approche. Le meeting de Toulon 2 n’a pas provoqué l’électrochoc attendu. Il a fait « Pschitt ». Le rival, François Hollande, pourtant secoué par son propre camp, ne s’est pas effondré, bien au contraire. Pour Nicolas Sarkozy, la reconquête sera donc pour plus tard, si elle se produit un jour. Et cela reste une énigme non résolue : comment faire campagne avec un tel niveau d’impopularité, une situation inédite pour un président sortant, à quatre mois du scrutin. Même Valéry Giscard d’Estaing était à 40%.

Que faire ? Le président ne va rien changer à sa marche forcée. Il se déplace encore ce matin en Ardèche sur le thème de la médecine de proximité. Une visite de plus pour une campagne qui ne dit pas son nom, et qui dure depuis une décennie, depuis son arrivée place Beauvau. Et pourtant, Nicolas Sarkozy n’est plus L’Homme Pressé, tel que le décrivait Paul Morand, lui qui veut prouver aux Français qu’il est finalement entré dans la peau du président.

Et quand va-t-il entrer en campagne ?

Le plus tard possible. Nicolas Sarkozy s’interroge : « quand est-ce que les Français eux-mêmes vont s’y intéresser ? Pas avant le mois de mars, ça dépendra de la crise », confie le président à ses visiteurs. « Vous me voyez dire : bonjour, je suis candidat, c’est la crise, je cours dans toute la France, voici mon projet. Non, si cette crise est profonde, je rentrerai le plus tard possible ». Sa cote de popularité ne décolle toujours pas ? « Il faut beaucoup de sang froid pour ne pas s’énerver, le Tour de France ne se gagne pas dans la plaine », conclut le chef de l’Etat, qui parie sur une campagne très courte, comme pour conjurer les mauvais présages.

Parce que le pire est devant : à la récession pourrait s’ajouter la perte du triple A made in France. Pire encore : le jour où le chômage repassera la barre symbolique des 10%, ce chiffre lui collera à la peau. Alors son « sommet social » promis pour janvier a été rebaptisé à la hâte « sommet pour l’emploi ».

Face à la République des mauvaises nouvelles, le président affiche un optimisme surprenant. Pour lui, son principal adversaire n’est pas mieux loti. Les Français ont une envie de zapping, mais cela concerne tous les candidats. Au fond, rien n’est joué, « deux mois de campagne, c’est énorme », lâche Nicolas Sarkozy, conscient que les Français ne supporteront ni l’improvisation, ni l’indécision. Ce sera une campagne sur facture, avec crédibilité obligatoire. Personne ne pourra passer à côté de la vérité.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.