Ségolène Royal était hier soir l'invitée du débat participatif télévisé « J’ai une question à vous poser » sur TF1. Une séquence importante pour la candidate socialiste qui n'a pas repris la main depuis son discours de Villepinte. Alors Ségolène Royal a-t-elle raté ou réussi son dialogue avec les cent Français de TF1 ? Hier soir, on a au moins appris une chose : il n'y en a qu'une qui peut sauver la campagne de Ségolène Royal, c'est... Ségolène Royal ! Qu'entendait-on avant TF1, dans les coulisses du parti socialiste ? On soulignait son incapacité à organiser autour d'elle une équipe cohérente et on multipliait les anecdotes affolantes à ce sujet, on insistait sur sa parano, on se lamentait sur ses maladresses, "qui connait Eric besson ici ?" restera un modèle du genre, on s'inquiétait de son dévissage, et finalement, on ressortait le soupçon en incompétence. Après sa prestation d'hier soir, elle n'a pas gagné la campagne, mais enfin, elle a quand même marqué des points. Elle a prouvé sa sérénité, son sens politique, sa combativité et son savoir faire. Sa sérénité d'abord, son imperméabilité même face aux avanies qu'elle subit. Ségolène Royal s'est montrée très déterminée : elle ne dit pas "si je suis élue présidente de la République", elle dit "quand je serai présidente". Très assurée de gagner, car très sûre de sa campagne malgré les moqueries dont elle se dit victime. Oui il y a des ajustements à faire reconnait-elle, mais à la marge. Seule crispation, elle concerne la place de son propre compagnon François Hollande. Là, on sent que ça coince encore. Son sens politique : alors que François Bayrou grignote tous les jours son électorat, Ségolène Royal l'a superbement ignoré. Pour elle, il y a deux projets de société, droite contre gauche, pas de place pour la troisième voie. Et pour l'ouverture, on verra ça après le premier tour. Geste politique aussi vis à vis de ses propres amis : "on aura besoin de tout le monde" a-t-elle promis aux éléphants, qui se voyaient déjà la trompe sur le billot ! Sa combativité : jamais cité nommément mais systématiquement visé, elle n'a pas hésité à "faire le job" contre Nicolas Sarkozy. Sécurité, précarité, logements sociaux, fracture avec la jeunesse... "Je suis la candidate du changement" a-t-elle martelé. Pour la première fois, elle est montée sur le ring. Son savoir faire enfin, parce qu'après Villepinte, où elle avait jeté en pâture ses cent propositions plus sa vision, sans qu'on en comprenne bien, ni l'articulation ni la cohérence, et bien là, Ségolène Royal a fait adroitement son propre service après vente. Alors évidemment, ses détracteurs et opposants vont souligner ce matin, la démagogie de certaines de ses propositions. Normal, quelques socialistes auront peut6être aussi du mal à avaler ses formules très patronales type "gagnant gagnant" ou la nécessaire "agilité" des entreprises, quand la gauche préfère dénoncer la flexibilité. Mais globalement, face aux 6, 7, 9 millions de personnes qui la regardaient, l'enjeu était de ne pas trébucher. Elle a fait mieux que ça. Y a pas à dire, les débats participatifs, c'est son truc. Si elle confirme sa remontée, il lui reste à imposer entre les deux tours, un débat participatif entre les deux candidats. Et là, elle garde toutes ses chances !

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