49.3, motion de censure…dans quel état se retrouve le parti socialiste au lendemain de cet épisode ?

Divisé et illisible. Divisé, entre un socialisme classique, qui se veut protecteurs des droits sociaux (celui des frondeurs) et un socialisme dit « des solutions », qui se veut pragmatique, le socialisme de Valls et Macron… Nous sommes dans le cadre d’une désidéologisation qui rend illisible la géographie politique du PS. Depuis la création de ce parti en 1971 … il y a toujours eu deux branches principales. Si l’on schématise à gros traits, il y avait l’aile majoritaire qui tentait de s’adapter (ou de se conformer) aux exigences économiques d’un monde globalisée. Elle s’adaptait dans les faits plus que dans le discours. Et puis il y avait l’aile gauche, qui représentait, depuis le début, autour de 20, 25% de ce parti. Elle se présentait toujours comme détentrice du vrai morceau de la vraie croix socialiste. Un petit quart des postes, un petit quart des investitures et des ministères, quand les socialistes étaient au pouvoir. En ce moment, cette partie-là du PS n’est plus associée à l’exercice du pouvoir depuis le départ d’Arnaud Montebourg et de Benoit Hamon. L’exigence de clarté et l’affichage de l’autorité pour contrer une situation réelle d’impuissance, a semblée plus nécessaire à François Hollande et surtout Manuel Valls, que l’exigence d’union. … Hors du gouvernement, l’aile gauche du PS, caractérisée par les frondeurs, s’est émancipée à l’occasion du débat de la loi Macron. C’est-à-dire au moment où la partie majoritaire du PS tient enfin le discours qui correspond à ses actes.

Mais, l’aile gauche du PS n’a plus de leader aujourd’hui !

Non, Martine Aubry ne se sent pas l’âme d’un leader d’une minorité gauchisante du PS. Elle préfère rester à Lille. Et Arnaud Montebourg n’est plus là non plus ! Il prend des cours d’économie en France et donne des conférences à Princeton. Il tente de se faire désirer par son absence au risque de se faire oublier. Dans ce cadre-là, d’une gauche du PS sans papa ni maman, Benoit Hamon, l’air de rien…( celui dont on avait l’impression qu’il avait quitté le gouvernement sans le faire expert, dans le sillage d’Arnaud Montebourg) Hamon, donc, a eu l’audace de dire qu’il allait voter contre la loi Macron. Cet acte transgressif (alors que depuis le début du quinquennat, les frondeurs s’abstenaient) l’a propulsé en digne successeur de Jean-Pierre Chevènement ou d’Henri Emmanuelli. A quelques mois du congrès ça pose un homme, même si pour l’instant il n’a pas vraiment de troupes. Au total, il y a donc 3 raisons politiques qui ont aboutis au 49.3… Il y a une poigné de députés en croisade parlementariste, comme Christian Paul ou Laurent Baumel, qui veulent faire évoluer la pratique de la Vème République et lutter contre l’absolutisme de l’exécutif. Il y a les Aubryistes, qui souhaitaient simplement s’abstenir, et il y a ceux qui préparent le congrès… et qui souhaitent mettre la main sur ce petit quart gauche du PS. C’est comme ça, les socialistes français : Ils sont unis et floues pour obtenir le pouvoir. Et quand ils gouvernent ils sont obligés de clarifier leurs discours, du coup ils se divisent… et ils finissent par perdre le pouvoir. 1993, 2002… généralement de façon cinglante.

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