LFI et l’antisémitisme…

Le tweet de JL.Mélenchon, par lequel il s’inquiétait d’abord d’une éventuelle utilisation contre les Gilets jaunes de l’épisode des insultes antisémitismes visant Alain Finkielkraut, révèle son obsession de ne pas décrocher de la colère sociale du moment. Obsession qui l’a aveuglé quelques instants. Sans doute y eut-il, pour cet homme de l’écrit et de l’oral classique, un problème de hiérarchie, une confusion entre le stratégique et l’essentiel. Pourtant il n’y a pas une once de complaisance antisémite chez Mélenchon, ni chez les principaux leaders de LFI. Bien sûr il y a Thomas Guénolé qui explique (et semble justifier) la bordée d’injures antisémites par les positions politiques du philosophe. Thomas Guénolé, nouveau en politique, n’y fera sans doute pas de vieux os, comme il n’en fit pas en journalisme. En revanche, JL.Mélenchon, quand l’essentiel est en jeu, est là. Il suffit de se remémorer toutes ses interventions à l’Assemblée à chaque fois qu’un attentat frappe la France. Il adopte un ton juste et rassembleur, sans excuses ni surenchère. Ses amis devrait le convaincre de ne plus tweeter. Le petit oiseau bleu de tweeter sied mal aux impulsifs. Il altère  visiblement le sens politique d’un homme qui s’est formé, des décennies durant, sur un rythme de communication où l’on pèse ses mots. L’idée que le leader de LFI ait une quelconque complaisance pour l’antisémitisme est une idée dangereuse, qu’il faut briser parce qu’elle fausse et serait lourde de conséquences si elle devait s’installer.

Pourquoi ?

Parce que Mélenchon est très écouté par une partie de la jeunesse. En 2017, il a entrainé beaucoup de jeunes dans le débat politique. Ces nouvelles générations n’ont pas toujours le bagage culturel et historique, les références, les préventions idéologiques enracinées que peuvent avoir les plus anciens militants et dirigeants de gauche, nourris aux souvenirs tous frais de la guerre, à l’antiracisme et à la détestation de l’antisémitisme. La gauche -c’est sa raison d’être- prend fait et cause pour les populations discriminées et victimes d’injustices. Elle peut pousser bien des militants à ne pas voir l’antisémitisme qui prospère avec le communautarisme de repli musulman. Des barrières tombent, des vannes s’ouvrent. Dieudonné et Alain Soral (que JL.Mélenchon et LFI exècrent et combattent) ont cependant de l’influence, par capillarité, sur une partie de la population plutôt jeune. Celle-là même qui peut aussi être attirée par le ton protestataire du député de Marseille, par son idée de l’insoumission, et séduit par sa perpétuelle mise en cause des médias ‘de la caste’ et un vague complotisme entretenu par facilité dialectique. Le mieux, sur une question comme l’antisémitisme,  serait que JL.Mélenchon soit sincère plutôt que stratège ! Qu’il pèse pour le combattre plutôt que de calculer pour rester connecté aux Gilets jaunes ! Qu’il soit le républicain intransigeant qu’il sait être. Comme il l’a d’ailleurs parfaitement écrit dans un petit livre intitulé Laïcité (Ed Bruno Leprince), en 2008. JL.Mélenchon devrait penser à puiser aux meilleures sources : lui-même...

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